Des tampons pourraient surveiller la fertilité féminine

Des tampons pourraient surveiller la fertilité féminine

Par Dr. Kyle Muller

Un nouveau test détecte les concentrations d’une hormone indiquant une fertilité résiduelle dans le sang menstruel : elle pourrait être intégrée dans les serviettes hygiéniques.

Un nouveau test pas très différent de celui qui détecte le virus Covid promet de détecter des traces d’une hormone indicative de la fertilité d’une femme à partir de l’analyse du sang menstruel. Le test, développé par des scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH), pourrait représenter une approche non invasive et continue pour surveiller la réserve ovarienne, la quantité d’ovocytes présente dans les ovaires qui tend à diminuer avec l’âge. Son fonctionnement est décrit dans un article de prépublication sur le serveur medRxiv.

Prise de sang… menstruelle

Habituellement, pour évaluer la fertilité et le fonctionnement des ovaires féminins en présence de difficultés de conception du couple, un dosage d’hormone anti-müllérienne (AMH) est prescrit au moyen d’une prise de sang. Chez les femmes en âge de procréer, la concentration de cette hormone est proportionnelle au nombre de follicules que leurs ovaires peuvent initier la maturation. Les follicules sont de petits sacs qui poussent et nourrissent les ovules (ovocytes). Pendant l’ovulation, le follicule le plus mature éclate et libère un ovule pour la fécondation.

À la puberté, la réserve ovarienne est d’environ 300 000 à 500 000 follicules. À mesure que l’âge des femmes augmente, ce nombre diminue progressivement et une valeur d’AMH très faible peut indiquer une mauvaise réserve ovarienne avec une diminution de la fertilité ou l’approche de la ménopause.

Les scientifiques de l’équipe suisse ont développé un test rapide (ou test à flux latéral) similaire à celui utilisé pour le diagnostic Covid ou les tests de grossesse, qui utilise des molécules réactives pour détecter l’AMH dans le sang menstruel. Il utilise notamment des particules dorées recouvertes d’anticorps qui se lient à l’hormone anti-Müllérienne. L’interaction avec l’hormone crée une ligne visible sur le test, plus elle est foncée, plus l’AMH est présente.

Absorbants de diagnostic

Pour réduire les doutes dans l’interprétation des résultats, ses créateurs ont créé une application pour smartphone entraînée à fournir des lectures précises des valeurs à partir de la couleur de la bande. Intégré aux serviettes hygiéniques, le test permet de mesurer les niveaux d’AMH de manière passive et récurrente à chaque cycle menstruel. Utilisé par les femmes qui envisagent d’essayer d’avoir un bébé ou qui subissent une fécondation assistée, il fournirait immédiatement des informations sur la fertilité résiduelle, sans avoir à recourir à des analyses de sang et à attendre des rapports. Cela permettrait de comprendre comment la réserve ovarienne évolue dans le temps, et dans quelle mesure.

Les critiques de l’étude soulignent cependant que l’AMH n’est pas nécessairement révélatrice de la qualité des ovocytes restants et qu’il n’est pas clair pourquoi les patientes devraient opter pour un test à faire soi-même plutôt qu’un simple prélèvement ponctuel.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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