Un ajustement de la TVA sur la viande ou un supplément de prix pour le CO2 produit avec l’alimentation rendrait compte de l’impact de l’alimentation sur les écosystèmes.
Les prix des aliments que nous consommons devraient-ils refléter leur impact sur l’environnement ? La question appelle des réponses rapides : les systèmes alimentaires mondiaux sont responsables de plus d’un tiers des émissions anthropiques de gaz à effet de serre dans le monde et, si l’on considère d’autres types d’impacts (tels que l’érosion de la biodiversité, la consommation des sols et de l’eau et l’apport excessif de phosphore et d’azote résultant des engrais dans l’environnement), la nourriture que nous consommons est peut-être le facteur le plus déterminant de l’impact que nous avons en tant qu’individus sur les écosystèmes.
Recherche publiée dans Alimentation naturelle a tenté de calculer quel signal de prix pourrait être donné, au niveau politique, pour contrecarrer l’empreinte environnementale des aliments particulièrement difficiles à maintenir pour le système Terre, comme la viande. Les auteurs de la recherche sont partis d’enquêtes représentatives sur les dépenses des ménages dans les 27 États membres de l’UE pour développer deux scénarios d’ajustement des prix à l’empreinte écologique des aliments, le premier étant plus facilement réalisable.
TVA sur la viande
Théoriquement, si l’on décidait d’adapter les prix des denrées alimentaires à leur impact environnemental, le coût des denrées alimentaires devrait augmenter en même temps que le CO2 émis. «Cependant, l’adoption d’un tel système gradué pour l’énorme variété de produits alimentaires est très compliquée et peu pratique, du moins à court terme. C’est pourquoi nous examinons dans un premier temps une option simple qui est actuellement à l’étude politique : la suppression des allégements fiscaux sur les produits carnés », explique Charlotte Plinke, chercheuse en politiques économiques pour l’atténuation du changement climatique à l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam, en Allemagne.
La production de produits d’origine animale, comme la viande, est responsable de 60 % des émissions totales de gaz à effet de serre du secteur alimentaire. Pourtant, 22 des 27 États membres de l’Union européenne, dont l’Italie, appliquent un taux d’imposition réduit à cet aliment, comme à d’autres aliments de base. Selon le modèle proposé par Plinke et ses collègues, si une TVA standard et non un taux réduit était appliquée à la viande, son impact environnemental serait réduit de 3,48 à 5,7%, selon le secteur lésé par sa production, avec un coût annuel supplémentaire moyen de 26 euros par famille.
Une taxe sur le CO2 émis
Si toutefois il était possible d’arriver à un niveau de détail tel que définir une taxe environnementale différenciée sur les produits alimentaires, calibrée sur les émissions de gaz à effet de serre associées à chaque type de produit, une surtaxe d’environ 52 euros par tonne équivalent CO2 permettrait d’éviter la même quantité d’émissions par rapport à l’intervention précédente, soit la suppression de la réduction du taux de TVA sur la viande.
Cette surtaxe devrait être accompagnée, comme dans le scénario décrit ci-dessus, d’une compensation pour les consommateurs via des remboursements d’impôts. Ainsi, la dépense supplémentaire nette par famille due à l’écotaxe sur l’alimentation serait d’environ 12 euros par an.
