Practice autonomy

Pratiquer l’autonomie

Par Dr. Kyle Muller

Les seules actions à interdire à un enfant sont celles qui peuvent nuire à lui-même, aux autres et à l’environnement, et c’est dans ce cadre que le petit apprend à réguler son propre comportement et à devenir progressivement de plus en plus autonome et responsable.

Le mot « autonomie » vient du grec et se compose de deux parties : au tos« lui-même », e nomos« loi »; avec « autodiscipline », c’est l’un des mots fondamentaux de la méthode Montessori. En effet, un enfant qui obéit aux règles qui lui sont données, non seulement répond à une volonté extérieure de manière non critique, mais sait s’adapter aux autres parce qu’il est conscient de sa propre volonté et de ses inclinations, et est expert en maîtrise de soi.

Comment éduquer dans ce sens ? Maria Montessori a appris aux enfants à attendre en ne mettant à leur disposition qu’une seule paire de ciseaux (et non une paire pour chaque enfant), elle a enseigné la responsabilité en confiant le matériel à un enfant qui s’en chargeait, l’utilisait et gérait son rangement et son nettoyage (dans le travail de groupe cependant, les enfants gèrent aussi ensemble le partage des responsabilités).

Un enfant devient responsable progressivement, si on lui fait confiance et si on respecte son intelligence ; Cependant, il est nécessaire d’établir clairement ce qui est « oui » et ce qui est « non ».

Règles et responsabilités

Qu’est-ce qui est légal et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Sur quelles bases se construit l’autodiscipline et, avant même, l’autonomie et la responsabilité ? Maria Montessori le dit simplement et clairement : toutes les actions susceptibles de causer des dommages à l’enfant lui-même, aux autres et à l’environnement doivent être inhibées, et ce sont les seules règles selon lesquelles l’enfant doit apprendre à bouger. A l’intérieur de ces frontières, sa personnalité, ses besoins, ses goûts – et donc ses expériences – le guideront. L’ordre des règles favorise l’autonomie et, par conséquent, la responsabilité. En latin ce mot, réponsesignifie répondre; les enfants peuvent être tenus responsables de leurs choix et de leurs actes en subissant les conséquences de ce qu’ils font. Naturellement, le parent doit permettre à l’enfant d’expérimenter un niveau de responsabilité adapté à son âge et à son niveau de développement : on ne peut pas confier à un enfant des responsabilités « adultes » qui relèvent de la responsabilité du parent.

Conséquence et chantage

Il arrive parfois que les parents confondent conséquences et punitions : « Si tu jettes de la nourriture, tu n’iras pas dans les jardins » ; « Si vous jetez de la nourriture, vous quitterez la table. » La première affirmation est du chantage (l’enfant ne jettera pas la nourriture parce qu’il veut aller au jardin) ; la deuxième affirmation fait plutôt référence à une conséquence : « Si vous choisissez de jeter de la nourriture, vous choisissez de ne pas respecter une règle importante en matière de repas et vous devrez donc quitter la table. »

Naturellement, c’est une phrase qui n’est compréhensible que par un enfant de plus de 30 mois, à peine avant, lorsque le geste de lancer ne peut être inhibé que par un « non » aimable et ferme.

Vivre les conséquences de ses actes – et non le chantage et la punition – permet à l’enfant de réfléchir sur ses actes, de réfléchir au comportement adopté et au choix effectué. L’impulsivité cède ainsi progressivement la place à la réflexivité et par conséquent à la compétence, à la maîtrise de soi et à la discipline.

Différents niveaux d’autonomie et de responsabilité

Au début de la vie, la responsabilité incombe au parent, puis elle passe lentement et progressivement entre les mains de l’enfant, par petites étapes. Ainsi, dans une famille comptant plusieurs enfants d’âges différents, il peut y avoir différentes règles, niveaux d’autonomie et de responsabilité individuelle selon les compétences acquises. Donnons quelques exemples liés à des situations concrètes de la vie quotidienne :

  1. Paolo, 17 mois, ne peut pas prendre la boîte de perles et se fait aider par un adulte pour réarranger le matériel. Il entre dans la crèche accompagné d’un parent qui l’assiste lors du changement : maman déboutonne sa veste, Paolo l’enlève et l’accroche, il entre dans la classe lorsque les chaussures et la veste sont en place.
  2. Francesca, 5 ans, peut travailler seule avec des perles sur une table haute et chaque fois qu’une perle tombe, elle la ramasse immédiatement. Un adulte, sans trop se faire remarquer, surveille la situation. A la fin de l’activité, Francesca fait le ménage de manière autonome. À l’école, un parent l’accompagne jusqu’au portail ; Francesca, seule, se déshabille, enfile son tablier et entre dans la classe.
  3. Rita, 8 ans, peut travailler au sol avec les perles même en présence de Paolo, en veillant à ce que son frère ne s’approche pas du pot et en extrayant uniquement les perles dont elle a besoin et qu’elle peut manipuler. Il propose à Paul du matériel adapté à son âge pour qu’il ne se laisse pas tenter par le « matériel interdit ». Le matin elle quitte la maison et va à l’école à pied, elle connaît les dangers de la route : elle a été accompagnée à pied plusieurs fois et avec ses parents elle a établi à la fois l’itinéraire et les bonnes pratiques à mettre en pratique. Rita connaît tous les commerçants du quartier et voyage souvent avec Luca, un camarade de classe qui habite non loin.

Gérer la frustration

Continuons avec les exemples. Le jeudi est le jour où les enfants apportent leur propre livre à l’école afin d’en emprunter un autre et de le garder à la maison pendant une semaine. Un enfant de 4 ans peut être indépendant et responsable d’une activité d’un tel niveau de complexité ; si un jeudi il ne s’en souvient pas, il subira la conséquence de ce manque : il ne rentrera pas chez lui avec un nouveau livre. C’est une conséquence tolérable pour un enfant de 4 ans, qui peut se mettre en colère et pleurer mais, avec un soutien adéquat, il saura gérer sa frustration et s’en servir. Le parent peut alors proposer de créer un calendrier ou un rappel pour lui permettre de se souvenir plus facilement du rendez-vous.

Un enfant peut…

  • A 2 ans, séchez le sol s’il est mouillé
  • A 3 ans, mettre la table (les plats sont déjà comptés et dans un endroit accessible)
  • A 4 ans, ranger les chaussettes et sous-vêtements de toute la famille dans les tiroirs
  • A 5 ans, mémoriser les rendez-vous de la semaine et organiser les affaires à emporter (pour la piscine, la bibliothèque, l’activité physique…)

L’adulte peut…

  • Construire un environnement facilitateur : rappels, calendriers, opportunités de participer à la vie de famille et de pratiquer des compétences manuelles
  • Aidez l’enfant à lire son comportement pour mieux le comprendre, en traitant les expériences, les réussites et les erreurs
  • Soyez un modèle en vous excusant lorsque vous échouez, en réessayant si vous ne réussissez pas et en vous encourageant à faire mieux.
Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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