Le mécanisme cérébral qui nous fait remettre à plus tard les tâches désagréables a été découvert

Le mécanisme cérébral qui nous fait remettre à plus tard les tâches désagréables a été découvert

Par Dr. Kyle Muller

C’est ce qu’on appelle l’avolition (ou aboulie) et c’est l’incapacité presque totale de prendre des décisions ou des initiatives : c’est un symptôme courant dans des troubles comme la dépression, la schizophrénie et la maladie de Parkinson, et rend impossible pour les personnes concernées d’effectuer même les activités les plus banales (comme passer un appel téléphonique) si elles sont considérées comme désagréables.

Jusqu’à présent, on ne savait pas clairement comment le cerveau transformait une faible motivation en un véritable blocage à l’action ; maintenant une étude publiée sur Biologie actuelle a identifié deux zones cérébrales qui, en communiquant entre elles, ralentissent les décisions.

L’expérience. Pour comprendre le fonctionnement de ce frein interne, les chercheurs ont travaillé avec des singes macaques, les entraînant à réaliser deux versions de la même tâche. Dans l’un, l’exécution garantissait simplement une récompense ; dans l’autre, une bouffée d’air gênante sur le museau s’ajoutait à la récompense.

Le résultat était prévisible : lorsqu’il ne leur restait plus qu’à accomplir la tâche, les macaques agissaient immédiatement, tandis que face à l’inconfort du souffle d’air, ils hésitaient ou abandonnaient complètement, même si la récompense restait la même.

Frein motivationnel. Les scientifiques ont alors momentanément affaibli une connexion cérébrale spécifique qui unit deux zones du cerveau impliquées dans la motivation, le striatum ventral et le pallidum ventral. Après cette modification, les macaques invités à décider s’ils devaient affronter la tâche accompagnée du souffle d’air gênant étaient beaucoup plus susceptibles de jette-toi.

Les résultats suggèrent que le circuit qui relie les deux zones cérébrales agit comme un véritable frein à la motivation, inhibant notre « bouton de démarrage » interne notamment lorsqu’une action est perçue comme stressante ou désagréable.

Relâchez le frein, mais pas trop. À la lumière de ce qu’ils ont découvert, les auteurs émettent l’hypothèse qu’à l’avenir, il sera possible d’intervenir sur ce mécanisme avec des outils tels que la stimulation cérébrale profonde ou non invasive, ou avec de nouvelles thérapies pharmacologiques, pour réguler le frein motivationnel chez les personnes souffrant d’aboulie.

Attention cependant : « affaiblir à l’excès ce frein motivationnel pourrait conduire à des comportements dangereux ou à une propension excessive au risque », prévient Ken-ichi Amemori, coordinateur de l’étude. Pour cette raison, souligne-t-il, une validation scientifique rigoureuse et une réflexion éthique minutieuse seront essentielles pour comprendre quand et comment il convient d’intervenir.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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