Roses, chrysanthèmes, marguerites : ce ne sont pas seulement des fleurs à offrir à votre partenaire, à déposer sur la tombe de quelqu’un qui n’est plus là ou pour décorer la table des jeunes mariés. De nos jours, les fleurs coupées ornent nos maisons même au quotidien, et de plus en plus de gens achètent des bouquets de fleurs pour eux-mêmes, mais aussi pour les autres. Selon une étude récente menée auprès de plus de 8 500 acheteurs américains, l’achat de fleurs améliore l’humeur, réduit le stress et augmente le bien-être général. Mais le marché des fleurs coupées a aussi ses côtés sombres : essayons de mieux comprendre la problématique.
Fleurs et bien-être. L’analyse a identifié 13 types différents de personnes qui achètent des fleurs coupées. − de ceux qui achètent des roses pour la Saint-Valentin à ceux qui offrent des fleurs pour des occasions spéciales, jusqu’à ceux qui en achètent régulièrement pour décorer leur maison.
Quelle que soit la raison de l’achat, ceux qui ont acheté des fleurs au cours de l’année écoulée déclarent se sentir mieux aussi bien à la maison qu’au travail : plus l’achat est récent, plus la corrélation entre le bien-être et l’achat de fleurs est forte. «Il y a un avantage perçu à acheter des fleurs, qu’elles soient réelles ou non. Les gens ont le sentiment de tirer quelque chose de précieux de cette expérience », commente Ben Campbell, l’un des auteurs de l’étude.
Un vide réglementaire à combler. A côté de ces aspects positifs, le secteur des fleurs coupées soulève quelques problématiques réglementaires encore peu connues. Contrairement aux aliments, il n’existe pas en Europe de limites maximales spécifiques de résidus chimiques (niveaux maximaux de résidus) pour les fleurs, qui ne sont pas destinées à la consommation. Cependant, comme le rapporte un article du Guardian, les pesticides laissés sur les fleurs peuvent être absorbés par la peau ou inhalés, et même se retrouver dans l’urine des fleuristes, même lorsqu’ils portent des gants. Une étude récente a analysé six bouquets achetés chez des fleuristes et des supermarchés le jour de la fête des mères et a identifié 23 pesticides (dont huit sont interdits dans l’UE). L’exposition est particulièrement risquée pour ceux qui travaillent quotidiennement avec des fleurs, comme les producteurs, les logisticiens et les fleuristes.
De plus, la plupart des fleurs coupées vendues sur le Vieux Continent sont importées de pays non européens comme le Kenya, la Colombie et l’Équateur, et c’est un autre problème, car ces États n’ont pas les mêmes réglementations que nous sur l’utilisation de pesticides et autorisent souvent l’utilisation de substances interdites par nous.
En ce sens, l’Europe bouge : le 26 avril 2025, de nouvelles règles européennes sont entrées en vigueur, qui concernent également les importations de roses du Kenya, l’un des principaux exportateurs mondiaux de fleurs coupées, qui introduisent un principe de tolérance zéro tant pour les pesticides interdits dans l’UE que pour les parasites.
