Quels films proposez-vous aux enfants ? Titres, thèmes et genres recommandés

Quels films proposez-vous aux enfants ? Titres, thèmes et genres recommandés

Par Dr. Kyle Muller

Le véritable objectif de l’adulte amateur de cinéma pourrait être de cultiver avec ses enfants une passion pour les films cinématographiques.

Comme tout récit, le langage cinématographique parvient à stimuler le besoin humain d’apprécier les histoires. Un film favorise l’identification aux personnages, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur la réalité et cultivant l’empathie. À une époque de plus en plus marquée par une culture visuelle, il serait souhaitable de considérer le film non pas comme un contenu remplaçant le livre, mais plutôt comme intégré aux formes du récit écrit ou à romans graphiques. Quels sont les meilleurs films pour enfants ? En particulier, pour les enfants de 12 ans et plus, après avoir examiné des films de référence pour enfants, il serait souhaitable d’utiliser également des produits audiovisuels pour encourager la lecture de romans. Qui, des classiques à de nombreuses « excellentes » littératures jeunesse contemporaines, offrent de précieux stimuli.

Si le film ne remplace pas mais intègre les romans et la lecture papier, alors il peut devenir un langage intéressant, particulièrement utile pour aborder explicitement des thèmes complexes et significatifs même lorsque l’enfant parvient à « sauter » entre le texte cinématographique et le texte littéraire. Il est intéressant de constater le dialogue qui s’instaure entre ces deux textes, tous deux pleins d’idées. Un critère de choix des films pour enfants et donc plus adaptés aux adolescents peut être de sélectionner les récits qui seront abordés à la fois dans le roman et dans le film.

De plus, étant donné qu’une immersion précoce dans des contextes médiatiques contribue à anticiper le début de l’adolescence, le recours conscient à certains films peut devenir une stratégie intéressante pour réfléchir et aider à comprendre de nouveaux points de vue.

Plutôt que de nous concentrer sur des films que l’on peut considérer comme « éducatifs » (c’est-à-dire avec des finalités spécifiques concernant l’apprentissage d’une discipline), nous essayons dans cet article de nous interroger sur les films « éducatifs » ; qui peuvent élargir nos points de vue sur la réalité, nous ouvrir à une discussion active avec les différences et stimuler des réflexions efficaces sur des sujets complexes. Comme cela a déjà été fait pour les films destinés aux enfants jusqu’à 11 ans, je tiens à souligner que les limites d’âge ne sont qu’indicatives et que, notamment pour ceux destinés aux plus jeunes, il peut être intéressant de proposer de les visionner même à des âges plus avancés ; avec plus de prudence, on peut évidemment faire le contraire, c’est-à-dire regarder les films plus tôt.

Meilleurs films pour enfants de 12 à 13 ans

De 12 à 13 ans, à l’entrée du collège et à l’entrée dans la période de l’adolescence, le garçon ou la fille peut être stimulé par des récits capables d’exprimer son point de vue. Tout comme un critère de qualité des récits pour enfants peut être identifié dans sa capacité à parler du point de vue du garçon ou de la fille, de la même manière sont intéressants les récits qui parviennent à faire ressortir les émotions, les humeurs, les désirs, mais aussi les peurs des adolescents. Voyons les meilleurs films pour les enfants âgés de 12 à 13 ans :

  • A Bridge to Terabithia (2007, Gàbor Csupò), le film raconte l’histoire d’un garçon de 12 ans qui développe une amitié avec un nouveau camarade de classe, qui, comme lui, est victime de l’exclusion de ses camarades de classe : à travers la fantaisie, les deux protagonistes construisent un monde imaginaire pour échapper au quotidien et aux situations qui créent un inconfort pour leur adolescence. Les deux protagonistes deviennent roi et reine de la ville de Terabithia et, en jouant ce rôle, ils éprouvent des émotions et explorent les risques en essayant de les transformer en opportunités. Ce « faire semblant » contribue à nourrir leurs relations concrètes, notamment à l’école. Le film aborde également le tabou de la mort, de manière efficace et inattendue ;
  • Hugo Cabret (2011, Martin Scorsese), l’un des réalisateurs les plus importants des dernières décennies, Martin Scorsese, propose un récit intéressant pour remonter aux origines du cinéma et raconter l’aventure de Georges Mélies, l’un des pères de l’histoire du cinéma et en particulier de l’animation. Dans l’histoire, qui se déroule dans les années 1930, Hugo Cabret, un orphelin de 12 ans, travaille à la restauration d’un automate construit par son père et entre en contact avec un propriétaire âgé d’un kiosque à jouets. Le film, riche en citations et en hommages, est un point de départ intéressant pour approfondir la figure de Méliès ;
  • Music in the Heart – August Rush (2007, Kirsten Sheridan), évadé d’un orphelinat, August Rush part à la recherche de ses parents à New York. Le véritable protagoniste du film est la musique, qu’August maîtrise avec compétence, grâce à un talent naturel. C’est précisément ce talent et cette relation active avec la musique qui amène August à s’orienter dans la ville et à retrouver ses parents, deux musiciens. Il est intéressant de voir comment la musique devient un instrument de salut et comment le garçon parvient également à échapper aux adultes (en particulier le magicien) qui tentent de l’exploiter ;
  • Les Choristes – The Choir Boys (2004, Christopher Barratier), le film est un remake d’un film des années 40 (La cage du rossignolde Dreville) et raconte l’histoire d’un compositeur et professeur de musique qui, laissé sans emploi, accepte le poste de surveillant dans une école basée sur une méthode éducative punitive. C’est précisément à travers la chorale que l’enseignant devient porteur d’un modèle scolaire actif, qui bouleverse le modèle éducatif conforme et laisse la possibilité à chaque élève de se développer de manière libre et authentique ;
  • La vie est belle (1997, Roberto Benigni), il sera évident de citer parmi les suggestions un film qui a remporté trois Oscars, mais parfois on pense que c’est superflu et on risque d’oublier les « classiques ». Le récit de Benigni offre un point de vue extraordinaire pour réfléchir sur la férocité de la guerre et les risques du racisme, en utilisant l’extraordinaire outil de l’ironie. Pensez, par exemple, à la traduction du discours du général allemand dans le camp d’extermination, ou à l’intervention de Benigni à l’école pour rehausser la beauté de son veau ;
  • L’Île aux chiens (2018, Wes Anderson), inspiré du roman de Patricia Cornwell, le film du célèbre réalisateur américain, avec un casting de renom (Bill Murray surtout) utilise la technique de l’animation pour développer une histoire qui oscille entre aventure et comédie, dans un scénario fantastique et dystopique. Une dystopie, qui à bien des égards est une prémonition de la pandémie que nous avons vécue : en 2038, en effet, une grippe touche tous les chiens du Japon et donc le maire de la ville envoie tous les chiens en quarantaine sur une île. Au centre du film, les thématiques écologiques et l’importance de prendre soin des autres.

Meilleurs films pour enfants de 14 à 15 ans

Dans cette tranche d’âge, il est possible d’aborder des sujets plus complexes, qui incitent à des réflexions profondes sur soi, sur les relations aux autres (et notamment sur ceux qui sont différents de moi) et sur le monde (et donc sur une dimension écologique). Voici les meilleurs films pour les enfants de 14 à 15 ans :

  • Les Quatre Cents Coups (1959, François Truffaut) : pour être honnête, plutôt que de citer un film, je suggérerais toute la filmographie de Truffaut. Depuis Le garçon sauvage à Les années dans ta pochemême à Jules Et Jim (mais conseillé pour un âge plus avancé). Situé à Paris dans les années 1950, Les Quatre Cents Coups (dont la traduction littéraire devrait être « Raising Hell ») parle de l’adolescence et de son besoin d’être libre, de ne pas voir ses aspirations étouffées. Le protagoniste se retrouve dans une situation de manque de communication avec ses parents et montre constamment son agitation. Le film parle aussi d’amitié et légitime « l’évasion », à comprendre également comme une manière de continuer à rêver ;
  • Big Fish (2003, Tim Burton) : Tim Burton est un autre réalisateur dont la production convient largement à un public d’adolescents en raison de sa manière de raconter des histoires qui stimule l’imagination, en les reliant à des contextes et des situations concrets. Tout comme Édouard Mani de ciseaux de 90 peut être vu par tout le monde (à tout âge), même Big Fish – inspiré du roman du même nom de Wallace – s’adresse à un large public et peut être une réflexion utile : le thème est la réconciliation entre un père mourant et son fils, abordé à travers une profonde réflexion sur le pouvoir de la narration ;
  • Captain Fantastic (2016, Matt Ross) : le film propose une réflexion stimulante sur la façon dont le progrès technologique risque souvent de produire un détachement de la réalité. Une famille qui choisit de vivre dans les bois, suivant le mode de vie des chasseurs et cueilleurs, doit faire face à la civilisation suite à la mort de sa mère. Le film n’apporte pas de réponses, mais suscite des réflexions sur les dérives et les ressources qu’offre la civilisation contemporaine ;
  • Presque Ennemis (2017, Yvan Attal) : devant choisir parmi de nombreux textes, j’ai recours à un expédient, pour en citer deux. Oui, car ce n’est pas une faute de frappe et je ne cite pas Presque amis (que vous aurez vu et en tout cas je vous recommande, de Nakache et Toledano, de 2013 et qui parle d’amitié et de différence avec beaucoup de raffinement). Le film français d’Attal met en scène la rencontre (et le conflit) entre les différences, notamment religieuses, dans une salle de classe universitaire. Cependant, le texte est aussi un splendide « manifeste » pour l’interculture et parvient à proposer des réflexions profondes sur le sujet ;
  • Bienvenue (2009, Philippe Lioret) : le film plonge le spectateur dans le point de vue d’un migrant qui, pour tenter de rejoindre sa bien-aimée, se retrouve bloqué à Calais après avoir fui l’Irak. Découvert avant de pouvoir atteindre le Royaume-Uni, il se convainc que le seul moyen d’atteindre sa destination est de traverser la Manche à la nage et se retrouve accueilli par un professeur de natation bourru, qui se retrouve précisément en relation avec le garçon. Le film accompagne une réflexion efficace sur l’absurdité de l’usage du mot « illégal » en référence à un être humain ;
  • No man’s land (2001, Danis Tanovic) : se déroulant en 1993, au plus fort de la guerre des Balkans, le film est une extraordinaire source d’inspiration contre l’absurdité de la guerre. Jouant sur le rôle que jouent les stéréotypes et les préjugés dans l’alimentation de la haine envers autrui et usant magistralement de l’ironie, le film dénonce la férocité du conflit, mais aussi l’incapacité à trouver des solutions. Dans un « terrain d’entente », la dispute entre deux soldats, l’un serbe et l’autre bosniaque, finit au second plan lorsqu’on découvre qu’un soldat que l’on croit mort, qui avait une mine placée sous son corps, est vivant et que d’un seul mouvement de sa part, lui et ses compagnons pourraient exploser.

Comment choisir les films à montrer aux enfants ?

À l’adolescence, l’idée de « montrer » des films pour enfants devrait en fait être un peu remise en question. Le véritable objectif d’un adulte amoureux du cinéma envers son fils ou sa fille pourrait être de cultiver une passion pour les films cinématographiques.

De la liste précédente ont été laissés de côté des films splendides, que l’on pourrait recommander : Docteur Folamour par Stanley Kubrick, Le Jardin de la Vierge Suicides de Sofia Coppola, Retour vers le futur par Robert Zemeckis, Histoire d’un voleur de livres par Brian Percival, L’instant fugace par Peter Weir, La vague par Dennis Gansel et bien d’autres. Une suggestion qui peut être utile est d’aider le garçon ou la fille à choisir des films en fonction du thème.

Et, à ce propos, je vous donne quelques conseils de lecture : en 2021 est paru un beau volume de Manlio Castagna (qui a beaucoup travaillé pour le cinéma et est également écrivain pour enfants), aux éditions Mondadori. 116 Films à voir avant 16 ans. Dans ce texte, le catalogage réalisé en 10 thèmes est intéressant : amour, famille, mondes fantastiques, grandir, guerre, maîtres de la vie, maladie et mort, école, rêves et passions, lutte pour la survie. Les thèmes abordés montrent à quel point l’espoir doit être porté vers une variété de genres : des comédies et des films d’action, du fantastique au documentaire, du thriller à l’historique, etc.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
Published in

Laisser un commentaire

20 − 7 =