L’engouement pour enregistrer chaque instant nuit à votre vie sociale. Une étude révèle pourquoi ceux qui filment tout sont exclus et ne reçoivent plus d’invitations d’amis.
L’habitude de documenter chaque instant de la vie quotidienne semble être devenue incontrôlable : les réseaux sociaux regorgent de photos et de vidéos de petits-déjeuners, d’amis en compagnie (sur leur propre smartphone) et d’événements. Maintenant, une étude publiée sur Journal de l’Association pour la recherche sur la consommation a constaté que documenter des concerts, des spectacles et des événements peut ennuyer ceux qui veulent profiter du moment présent, avec des coûts sociaux possibles et des dommages aux relations entre amis.
Commentaires négatifs. L’idée de cette étude est née après la lecture d’une série de commentaires en ligne sur un article de New York Times consacré à l’habitude de prendre des photos lors des concerts : plus des trois quarts des utilisateurs ont exprimé des opinions négatives à l’égard de ceux qui ont enregistré des vidéos ou pris des photos. Pour approfondir cette question, les chercheurs ont ensuite mené une série d’expériences en ligne, dont il est ressorti que les observateurs avaient tendance à percevoir ceux qui documentaient tout comme moins impliqués dans l’expérience ; De plus, les participants ont déclaré qu’ils seraient moins susceptibles d’inviter un ami à un événement s’ils savaient qu’ils avaient cette habitude.
Ce n’est pas la faute du smartphone. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le type d’appareil utilisé pour la photographie n’a pas influencé la perception des gens : les smartphones et les appareils photo numériques ont provoqué les mêmes réactions négatives. De même, la distance physique avec la personne qui filmait n’avait pas d’importance, démontrant que l’inconfort n’était pas lié à la lumière sur l’écran ou à une distraction visuelle, mais au fait même de documenter l’événement plutôt que de le vivre pleinement.
Quelques shots et c’est parti. Les résultats de l’étude nous invitent à réfléchir sur les effets sociaux d’habitudes apparemment inoffensives : « Ce n’est pas qu’on ne puisse pas prendre de photos », précise Freeman Wu, coordinateur de la recherche. « Nous savons que les gens le feront, mais c’est la taille qui fait la différence : prendre quelques photos au début ou peut-être à mi-parcours du concert, puis ranger le téléphone et profiter de l’expérience n’entraîne pas ces conséquences négatives », conclut-il.
