Qu’est-ce qu’une crèche parentale et comment ça marche ?

Par Dr. Kyle Muller

C’est un choix alternatif au système scolaire traditionnel. Au niveau organisationnel, il s’agit dans la majorité des cas d’associations composées de groupes de parents qui décident de créer une réalité et sélectionnent des professionnels qualifiés à qui ils peuvent confier la tâche éducative. Voyons quels sont les avantages et les inconvénients de ce choix

Ces dernières années, on a beaucoup entendu parler de « jardin d’enfants parental » et d’« école parentale ». Dans une période historique où les familles remettent de plus en plus en question les meilleurs choix éducatifs pour leurs enfants, la naissance de ces réalités particulières a connu une forte croissance dans notre pays. Mais en quoi consistent-ils exactement ? Et quels sont les principes pédagogiques qui les sous-tendent ?

Dans cet article nous ferons la lumière sur les modes de fonctionnement, l’organisation et les valeurs qui sous-tendent ces réalités.

Qu’est-ce que la garderie parentale et comment ça marche ?

Qu’est-ce que l’école parentale ? Nous pourrions le définir comme un choix alternatif au système scolaire traditionnel. Au niveau organisationnel, il s’agit dans la majorité des cas d’associations composées de groupes de parents qui, animés par des intérêts et des valeurs communes, décident de créer une réalité et sélectionnent des éducateurs, des enseignants et des professionnels qualifiés (musicothérapeutes, ateliers…) à qui confier la tâche éducative.

D’une certaine manière, l’école maternelle et l’école parentale se situent à un point intermédiaire entre le l’école à la maison ou enseignement à domicile (dans laquelle la cellule familiale elle-même est directement responsable de l’éducation de ses enfants) et les écoles publiques traditionnelles.
Il s’agit dans la majorité des cas de projets éducatifs impliquant des garçons et des filles âgés de 3 à 6 ans, dans le cas des crèches parentales, et de 6 à 10 ans, dans le cas des écoles parentales.

Les articles 30, 33 et 34 de la Constitution italienne notamment rendent possible la naissance de ces réalités. La législation établit en effet le droit à l’éducation des enfants et des jeunes jusqu’à la fin de leur scolarité obligatoire, mais précise qu’il n’y a aucune obligation de fréquenter l’école publique ; en bref, cette obligation peut être parfaitement remplie par la fréquentation d’une école privée ou par l’éducation parentale.

Mais attention : si pour les enfants jusqu’à 6 ans aucune démarche bureaucratique particulière n’est nécessaire, à partir de 6 ans il est nécessaire, chaque année, que le directeur de l’établissement de référence et le maire de la commune de résidence soient informés en remplissant et en envoyant un formulaire concernant le choix de la famille de recourir à l’éducation parentale.

Comment fonctionne une crèche parentale ?

A la base, comme nous l’avons dit, il y a un groupe plus ou moins important de parents qui partagent des valeurs, des styles éducatifs et des idées pédagogiques. Une fois établie la forme juridique que vous envisagez d’adopter (association, coopérative sociale…) et le lieu dans lequel surgira la nouvelle réalité éducative (il faut s’assurer de son adéquation en termes de sécurité et d’assurance), il faut réfléchir à la sélection du personnel éducatif, en décidant, par exemple, si certains parents effectueront cette tâche ou si des éducateurs externes seront embauchés.

Une fois les problématiques organisationnelles et logistiques résolues, les familles devront travailler sur les aspects pédagogiques, éventuellement en collaboration avec une équipe pédagogique.

Quelles sont les valeurs pédagogiques d’une école maternelle ?

Généralement, les écoles maternelles et les écoles parentales suivent une orientation pédagogique spécifique. Dans notre pays, de plus en plus de réalités se créent inspirées par la pédagogie Steiner, Montessori, l’éducation libertaire et démocratique et la pédagogie forestière.

Quelle que soit la pédagogie qui sous-tend la crèche parentale spécifique, un point commun entre les différentes réalités semble être l’attention non seulement portée au contexte culturel des garçons et des filles, mais surtout à la croissance globale de la personne.

En analysant les différents projets, on remarque généralement une grande attention aux besoins des enfants, au contact avec la nature, à l’éducation émotionnelle et relationnelle et à l’expérience directe comme véhicule d’apprentissage. Les valeurs de l’école parentale reposent donc sur le respect de l’enfant, de son temps, de ses intérêts et de ses capacités.

Même les modalités de transmission des enseignements sont véritablement particulières dans les écoles maternelles et parentales. Un enseignement basé sur l’expérience (apprendre à partir de l’action) et sur des projets visant cet objectif est généralement privilégié. Dans ces réalités, les garçons et les filles disposent de divers outils pour trouver des réponses à leurs questions et ont la possibilité de quitter fréquemment la classe et de vivre des expériences dans le monde extérieur ; non seulement dans la nature, mais aussi au supermarché, à la ferme, au théâtre et dans tous ces contextes qui peuvent offrir un enrichissement.

Parmi les exemples les plus célèbres d’école parentale italienne figurent « Piccola Polis », le projet d’éducation parentale proposé par l’association L’asile dans les bois, à Ostia antica, et le projet éducatif « CampoVolo », dans la province de Ravenne, qui se distingue par son approche zooanthropologique et propose des cours pour garçons et filles âgés de 3 à 14 ans.

Avantages et inconvénients de la garderie parentale

Avant d’évaluer l’opportunité de rejoindre ou non un projet d’éducation parentale, il convient de réfléchir d’abord aux caractéristiques et aux besoins de l’enfant et de la famille en question et à ce que le territoire offre en termes d’offres. Il est essentiel, en effet, que le choix soit fondé sur une sensibilité pédagogique consciente.

Les réalités parentales présentent sans aucun doute des avantages importants. Par exemple, parmi les points forts de la crèche parentale, il y a certainement l’implication active des familles, noyau fondateur des projets d’éducation parentale, qui nécessitent que les parents se réunissent régulièrement, participent aux décisions et apportent leur contribution de manière concrète (de l’entretien des structures à la création de matériel pédagogique). Il ne faut pas non plus sous-estimer le fait que les groupes ont tendance à être composés d’un nombre limité d’enfants, ce qui permet aux éducateurs et aux enseignants de mieux suivre les intérêts individuels et les rythmes d’apprentissage, et aux garçons et aux filles d’apprendre à travers de nombreuses expériences différentes.

De plus, les projets d’éducation parentale se caractérisent par un lien fort avec le territoire, possible grâce à la collaboration avec d’autres entités et à la constitution de réseaux. Cela permet aux familles et en particulier aux garçons et aux filles qui fréquentent les écoles et les crèches de faire face à des contextes et réalités multiples, construisant ainsi un bagage expérientiel généralement plus diversifié que l’offre de l’école traditionnelle.

De même, ces réalités présentent également des éléments de « faiblesse ». L’un des plus importants est probablement le risque que les situations parentales ne deviennent des « contextes de bulle ». Née de la coopération de familles partageant les mêmes idéaux et valeurs, la pluralité des orientations, des affiliations et des visions typiquement présentes dans les écoles publiques et qui sont aussi si importantes pour le développement cognitif et socio-émotionnel des enfants manquerait plus facilement.

Un autre élément à ne pas négliger est le contrôle limité qui peut être exercé sur ces réalités, comme l’ont montré des événements d’actualité assez récents. Pour de nombreuses familles, les jardins d’enfants et les écoles parentales sont devenus une option, avec l’avènement de la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement mises en place. Le phénomène a atteint des extrêmes inquiétants lorsque plusieurs familles du nord de l’Italie, opposées au Pass Vert et/ou à la vaccination contre le COVID-19, ont décidé d’opter pour la création de situations parentales qui n’étaient pas tout à fait en règle, où il était plus facile de contourner les réglementations pour contenir la pandémie (1) . Il s’agit de choix sérieux, faits non pas pour la valeur pédagogique attribuée aux réalités parentales en soi mais comme stratégie pour échapper aux mesures sanitaires.

Il est donc véritablement fondamental que le choix de créer ou de rejoindre un projet d’éducation parentale repose sur une réflexion et une recherche conscientes de la part des familles.

Il ne faut pas négliger les difficultés d’organisation et de gestion, ainsi que les coûts à long terme que ces réalités entraînent. Devant s’autofinancer, les réalités parentales imposent le paiement de cotisations mensuelles ou annuelles de montants variables, ce qui remet également en question la question du droit à l’éducation.

La gestion des relations entre les familles est également un thème central. Comme nous l’avons vu, la naissance de ces réalités est possible lorsqu’il y a un partage d’idéaux et de vues pédagogiques et éducatives. De même, les désaccords et les discordes peuvent conduire à une implosion rapide de ces projets.
La maternelle ou l’école parentale peut donc être une opportunité importante tant pour les garçons et les filles que pour leurs familles. Cependant, c’est un choix à réfléchir et à faire en connaissance de cause. Si d’un côté le système public présente de nombreuses faiblesses, il est également vrai qu’il représente un droit fondamental et ne doit pas être dévalorisé.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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