Apprenez les tables de multiplication, les méthodes et les jeux pour les apprendre aux enfants

Apprenez les tables de multiplication, les méthodes et les jeux pour les apprendre aux enfants

Par Dr. Kyle Muller

Il faut le reconnaître : l’apprentissage des tables de multiplication est l’un des défis pédagogiques qui effraie le plus les enfants et les parents à l’école primaire. Presque aussi longtemps que d’atteindre une position debout ou de commencer à manger des aliments solides

L’apprentissage des tables de multiplication est une étape fondamentale à l’école primaire, mais elle peut devenir source de frustration si elle est abordée uniquement par mémorisation. Nous analysons ci-dessous comment encourager l’apprentissage de la multiplication grâce à la compréhension de la signification mathématique, à l’utilisation de stratégies de calcul mental et à l’utilisation d’outils tels que la droite numérique ou les représentations visuelles. Nous approfondissons le rôle de la mémoire de travail, les difficultés spécifiques telles que la dyscalculie et l’importance d’une approche progressive et motivante. Le but n’est pas de répéter de mémoire, mais de construire des bases solides qui rendent le calcul plus sûr et plus conscient.

Il existe de nombreuses façons d’enseigner les tables de multiplication, des plus amusantes aux plus difficiles et complexes. Quelle que soit la technique que vous choisissez pour les enfants, l’obstacle le plus difficile demeure : les apprendre par cœur.

La plupart des spécialistes du sujet s’accordent à reconnaître l’importance des tables de multiplication, qui sont fondamentales à la fois pour accélérer les procédures arithmétiques et comme base pour un apprentissage mathématique d’ordre supérieur. Mais les tables de multiplication ne servent pas seulement à cela ; ils peuvent en effet être très utiles dans la vie quotidienne : des activités de cuisine, aux courses, des courses au supermarché, au calcul du budget du ménage. De plus, dans le monde occidental, ils sont tenus de passer de nombreux tests pour passer aux niveaux scolaires suivants ou pour accéder à des cours universitaires limités.

Certes, comme le rappelle le professeur et mathématicien Giuseppe Rosolini : « Quelqu’un qui est bon avec les tables de multiplication n’est pas forcément bon en mathématiques, et vice versa (…) mais les tables de multiplication sont utiles comme l’est l’alphabet ». C’est pourquoi leur importance doit toujours être reconnue. Voyons donc quelles sont les meilleures méthodes pour que les enfants apprennent les tables de multiplication.

Comment apprendre les tables de multiplication aux enfants ?

La méthode traditionnelle d’apprentissage des tables de multiplication consiste pour l’enfant à les répéter de manière mnémonique un nombre de fois non identifié. Ce type de méthode nécessite un engagement et des efforts considérables de la part de l’enfant et conduit souvent à des résultats modestes.

Parmi les méthodes d’enseignement des tables de multiplication les plus utilisées aujourd’hui, on trouve celles qui, répondant aux découvertes neuroscientifiques sur le lien entre le mouvement et l’esprit, impliquent l’implication du corps et des mains dans les processus d’apprentissage.
Dans les écoles Steiner, par exemple, les tables de multiplication s’apprennent en marchant ou en applaudissant au rythme. La méthode psychomotrice, également utilisée dans certaines écoles Montessori, consiste plutôt à associer une table de multiplication à un geste spécifique. Selon ces approches, les enfants trouvent leur propre rythme de mouvement et, grâce à la répétition et à l’implication du corps, acquièrent confiance dans les opérations.

Parmi les techniques d’apprentissage des tables de multiplication, on retrouve celle utilisée dans les pays asiatiques, où l’on étudie une table similaire à la table de multiplication (ou table de multiplication), mais contenant la moitié des nombres. Dans la table chinoise, 0 et 1 sont éliminés (étant entendu que tout nombre multiplié par 1 reste égal à lui-même et que tout nombre multiplié par 0 est égal à 0) ainsi que tous les calculs redondants de la table de Pythagore. Ainsi, en exploitant la propriété commutative, on apprend d’emblée aux enfants que, par exemple, 3×5=5×3 ; de cette façon, ils ne l’étudient pas deux fois et la charge mnémonique passe de 81 à 36 données.

D’autres astuces pour apprendre les tables de multiplication, très utilisées dans les écoles italiennes, sont :

  • La méthode analogique de Camillo Bortolato, qui implique l’utilisation d’outils spécialement préparés et qui, grâce à l’apprentissage associatif, aux images et aux sons d’hameçons, accompagne les enfants sur le chemin de la mémorisation des tables de multiplication, les aidant à en créer une image mentale avant même de les mémoriser.
  • La méthode indienne. Plus qu’une véritable méthode, il s’agit d’une astuce pour apprendre plus rapidement les tables de multiplication qui remonte à Leonardo Fibonacci (mathématicien italien du XIIe siècle), qui l’a repris à son tour des textes mathématiques védiques. Il s’agit d’apprendre les tables de multiplication jusqu’à 5, tandis que la stratégie suivante est utilisée pour calculer les suivantes… Supposons que nous voulions calculer 7×8. Cinq unités sont retirées des deux facteurs (7-5=2 et 8-5=3), donc deux doigts sont levés sur la main gauche (soit 7-5) et trois sur la main droite (8-5). Additionnez les doigts levés et vous obtenez les dizaines : 5. Multipliez ensuite les doigts restés baissés, donc trois dans la main gauche et deux dans la droite : 2×3=6 ; c’est le deuxième chiffre qu’il faut ajouter aux dizaines. Résultat : 56. Cette astuce peut être utilisée pour toutes les tables de multiplication après 5.

Existe-t-il une méthode Montessori pour apprendre les tables de multiplication ?

Enseigner les tables de multiplication avec la méthode Montessori implique un long parcours qui commence à la Maison des Enfants, où les élèves apprennent le fonctionnement de la multiplication à l’aide de matériels spécifiques qui leur permettent de comprendre concrètement le processus d’addition répétée.

À l’école primaire, les élèves continuent de travailler le processus de multiplication en utilisant plusieurs matériaux, puisque l’objectif de Maria Montessori était de fournir à l’enfant des visions différentes d’un même phénomène ou d’un même concept. De cette façon, l’apprentissage des tables de multiplication devient quelque chose de plus complexe qu’une simple répétition mnémotechnique.

Aux côtés du matériel visant à acquérir le « sens des nombres », comme dirait le mathématicien Jo Boaler, on en trouve d’autres visant à mémoriser des produits. Parmi ceux-ci, le plus connu est le tableau de mémorisation : une tablette carrée comportant cent évidements, dans chacun desquels on peut placer une perle. En haut, au dessus de chaque colonne de perles, sont imprimés les chiffres de 1 à 10. Au milieu du côté gauche de la tablette se trouve un trou où il est possible d’insérer une carte sur laquelle est imprimé l’un de ces numéros. Cette carte représente le multiplicande et doit être modifiée au fur et à mesure du calcul. En haut à gauche de la tablette se trouve un trou qui contient un jeton à placer sur les chiffres. Le jeton changera de place de temps en temps en fonction de la table en action. Il y a aussi une petite boîte en bois contenant 100 perles en vrac, nécessaires à l’exercice. Prenons un exemple ci-dessous…

Si l’enfant doit multiplier 3 par 1, il placera le jeton rouge au dessus du chiffre 1 puis placera 3 perles dans les trois premiers encoches verticales de la colonne 1. Pour multiplier 3 par 2, l’enfant déplacera le jeton au dessus du 2 et placera encore 3 perles en dessous du 2. Il procédera ainsi jusqu’à compléter le tableau des 3 multiplications. Pendant l’exercice, l’enfant écrit les produits sur des formulaires spéciaux, déjà marqués de l’opération. De cette façon, il vous suffit de rapporter uniquement le résultat de la multiplication.

Chaque enfant dispose de dix modules pour chaque table de multiplication. La table de multiplication n’est qu’un des nombreux matériaux conçus pour la multiplication ; les enfants, travaillant simultanément avec chacun d’eux, ont la possibilité d’analyser, de réfléchir, de comparer et de mémoriser les concepts mathématiques proposés, créant dans leur esprit, comme le croit Stanislas Dehaene, « une riche bibliothèque de modèles mentaux d’arithmétique ».

Apprenez les tables de multiplication avec le La méthode Montessori n’est pas quelque chose d’ennuyeux ou de terrifiant, car les enfants ne se rendent presque pas compte qu’ils les étudient, et se retrouvent plutôt à travailler avec des matériaux qui favorisent, de différentes manières, la répétition des séquences des tables de multiplication : du matériel de la décanémie (représentation graphique de la table de multiplication), à celui des chaînes courtes et des cubes, en passant par les tables de multiplication plus spécifiques.

Jeux pour apprendre les tables de multiplication

Pouvez-vous apprendre les tables de multiplication en jouant ? Parmi les jeux pour apprendre les tables de multiplication aux enfants, on trouve les jeux de cartes classiques, mais aussi de véritables jeux de motricité : des chasses au trésor qui utilisent des tables de multiplication au lieu d’énigmes, aux courses à relais, en passant par les courses d’obstacles qui consistent à trouver et à faire correspondre l’opération au résultat correct.

Parmi les jeux statiques, on trouve le bingo de multiplication, où l’on tire des multiplications et non des nombres simples, ou la bataille navale avec les tables de multiplication comme coordonnées.

Il est également possible de proposer des comptines, des chants et des histoires. Dans ce cas, cependant, il serait bon de vérifier que l’enfant a compris le processus qui mène à la table de multiplication et qu’il ne mémorise pas la simple comptine sans comprendre les calculs mathématiques sous-jacents.

Un autre jeu est le mandala de la table de multiplication, un matériel inspiré de la méthode Montessori et également utilisé dans les écoles Steiner. C’est un cercle avec dix piquets qui peut également être réalisé à la maison avec du carton, du bois ou du polystyrène. Chaque cheville est marquée d’un chiffre allant de 0 à 9. Equipé d’une ficelle et en partant de zéro, nous commençons à répéter la table de multiplication, en plaçant successivement la ficelle dans les nombres.

Par exemple, si vous faites la table de multiplication de 2 à partir de 0, comptez jusqu’à 2 et passez la chaîne, de 2 comptez à nouveau en ajoutant 2, vous arriverez à 4 et passez la chaîne, puis ajoutez à nouveau 2 et arrivez à 6 et ainsi de suite jusqu’à 20. Vous obtiendrez une forme géométrique différente selon la table de multiplication étudiée. Le mandala de la table de multiplication est une tentative de se concrétiser concepts abstraits, ancrant les nombres aux formes géométriques créées.

FAQ

A quel âge commence-t-on à apprendre les tables de multiplication ?
Les tables de multiplication sont généralement introduites entre la fin de la deuxième et le début de la troisième école primaire, lorsque les enfants ont déjà consolidé la notion de multiplication comme addition répétée. Les délais peuvent varier en fonction des progrès académiques et de la maturation individuelle. Il est important qu’avant la mémorisation il y ait une bonne compréhension du sens des opérations. En cas de doute sur le déroulement des apprentissages, il est utile de consulter les enseignants et, si nécessaire, le pédiatre.

Vaut-il mieux se concentrer sur la mémoire ou sur la compréhension ?
La mémorisation est utile, mais elle fonctionne mieux lorsqu’elle repose sur une solide compréhension du concept de multiplication. Comprendre que 4 × 3 signifie « quatre groupes de trois » aide l’enfant à reconstituer le résultat même s’il ne s’en souvient pas immédiatement. Des stratégies visuelles, des objets concrets et des représentations graphiques peuvent faciliter l’apprentissage. Une approche qui intègre le sens et la mémoire rend les études plus stables et moins stressantes.

Existe-t-il des stratégies pratiques pour rendre les études moins fatiguantes ?
Oui. De courtes séances quotidiennes, des jeux de cartes ou de dés, des chants rythmés et l’utilisation de schémas ou de tableaux peuvent contribuer à alléger l’exercice. Il est utile de procéder par petites étapes, en consolidant une table de multiplication à la fois et en tirant le meilleur parti de vos progrès. Relier les tables de multiplication à des situations concrètes (par exemple diviser des objets en groupes) favorise également l’apprentissage. Une atmosphère calme et encourageante est souvent plus efficace que de longues répétitions forcées.
Quand est-il approprié d’enquêter sur des difficultés ?
Si l’enfant montre des difficultés persistantes non seulement dans les tables de multiplication mais aussi dans la compréhension des quantités, des nombres et des procédures mathématiques, ou montre une forte anxiété ou un refus envers les mathématiques, une discussion avec les enseignants peut être utile. Dans certains cas, votre pédiatre peut suggérer une évaluation spécialisée pour exclure un trouble d’apprentissage spécifique, comme la dyscalculie. Une intervention précoce vous permet d’identifier des stratégies de soutien appropriées.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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