Bébés et enfants à la montagne : à partir de quel âge, altitude et précautions

Bébés et enfants à la montagne : à partir de quel âge, altitude et précautions

Par Dr. Kyle Muller

Les hautes altitudes peuvent provoquer une affection appelée « mal de l’altitude » chez les enfants, un problème qui peut cependant être évité en prenant des précautions et en ne grimpant pas à des altitudes excessives pour l’âge de l’enfant.

Dans cet article, nous expliquerons brièvement quelques concepts de base sur les bébés et les enfants en montagne et répondrons aux questions les plus fréquemment posées sur le sujet, telles que : à partir de quel âge les enfants peuvent-ils aller à la montagne ? Et à quelle altitude ? Y a-t-il des précautions à prendre ?
En cas de pathologies ou pour tout autre doute, le conseil est toujours de contacter votre pédiatre qui connaît l’enfant et pourra lui donner des conseils personnalisés.

Bébés et enfants à la montagne : altitudes et âges

Commençons par dire qu’il est nécessaire de surmonter certaines peurs qui existaient autrefois, lorsque les montagnes et les altitudes n’étaient pas recommandées aux petits enfants et qu’il était recommandé de ne pas dépasser une hauteur de 1000 mètres (voire 800 mètres). Cependant, il est bon de rappeler que, si d’une part il faut démanteler les vieilles peurs, d’autre part il ne faut pas non plus exagérer en emmenant le nouveau-né ou le nourrisson à des hauteurs excessives pour son âge.

En règle générale, il est conseillé aux enfants en bonne santé de moins d’un an (mais d’au moins un mois) de ne pas dépasser 1 500 – 2 000 mètres. Les altitudes supérieures à 2000 mètres sont déconseillées pour un nourrisson, quels que soient les problèmes de température, l’altitude élevée pourrait provoquer : irritabilité, perte d’appétit et troubles du sommeil. Pour les prématurés ou les nourrissons présentant une pathologie quelconque, il est recommandé de demander l’avis du pédiatre traitant ou du centre de référence de la maladie dont ils souffrent.

Avec des enfants entre 1 et 2 ans, des voyages en altitude peuvent être planifiés (sans exagérer) après une période d’installation et d’acclimatation.
Les enfants âgés de 2 à 5 ans peuvent par contre grimper jusqu’à 2 500 mètres et plus, mais même dans ces cas, la prudence est de mise car les plus petits peuvent ne pas être en mesure de décrire l’inconfort, il appartiendra donc aux parents d’y prêter la plus grande attention. À partir de 5 ans, les déplacements peuvent être effectués à des altitudes supérieures à 2 500 mètres.

Il faut également savoir que lors de changements rapides d’altitude, des problèmes de compensation de pression entre l’oreille moyenne et l’extérieur peuvent survenir, avec pour conséquence un traumatisme du tympan (barotraumatisme). Cela arrive particulièrement aux personnes, petites ou grandes, qui ont des difficultés à respirer par le nez, peut-être à cause d’un léger rhume. Les adultes éprouvent d’abord le problème de la sensation d’« oreilles bouchées », qui, si elle persiste, peut se transformer en une véritable douleur ; le nourrisson signale normalement son inconfort en pleurant.

Pour prévenir ce trouble, il est utile de stimuler la déglutition (en tenant la tétine pendant le trajet ou en s’arrêtant de temps en temps pour attacher le bébé au sein ou lui proposer le biberon). Toutefois, l’allaitement en voiture est déconseillé, pour des raisons de sécurité, lorsque le véhicule roule (les enfants doivent toujours être attachés à des dispositifs de sécurité).

Dans des variations d’altitude entre 1400 et 2000 mètres (il n’est pas conseillé d’aller plus haut), le nouveau-né ou le nourrisson (0-12 mois) pourrait éprouver des problèmes dus à la raréfaction de l’air due à la haute altitude. Pour tenter de limiter l’inconfort de l’altitude chez les nouveau-nés et les nourrissons, il est conseillé de faire quelques arrêts, afin d’arriver plus progressivement en altitude.
Dans ce cas également, vous pouvez combiner l’utile (en évitant les problèmes de haute altitude) avec l’agréable en faisant une belle promenade en montagne, en admirant les beautés de la nature et en abordant le voyage comme un moment de détente. S’arrêter un moment à différentes altitudes permet au corps des enfants de « s’organiser » et donc de limiter au minimum les inconforts.

Pourquoi les altitudes supérieures à 1 500-2 000 mètres sont-elles déconseillées aux enfants ?

Au fur et à mesure que l’on monte en altitude, la pression barométrique et la pression d’oxygène diminuent progressivement (qui représente environ 21 % de la pression barométrique) ; il y a donc moins d’oxygène disponible : à 1500 mètres il y a environ 84% d’oxygène par rapport au niveau de la mer, à 2000 mètres il est d’environ 80%, tandis qu’à 3000 mètres il est d’environ 2/3. La réduction du pourcentage d’oxygène dans l’air respiré entraîne une réduction progressive de la capacité d’exercice et l’organisme subit des adaptations très exigeantes.

Mal des montagnes chez les enfants : comment le prévenir

Le mal aigu des montagnes est la pathologie la plus fréquente en âge pédiatrique, qui se caractérise par des troubles moins spécifiques, notamment chez l’enfant :

  • conditions générales démolies ;
  • irritabilité;
  • diminution de l’appétit;
  • nausée;
  • vomir;
  • troubles du sommeil.

Les symptômes du mal de l’altitude chez les enfants apparaissent lorsque des altitudes supérieures à 2 500 mètres sont atteintes en peu de temps. On sait encore peu de choses sur les causes de la pathologie, même si les plus connues sont les ascensions rapides, l’altitude trop élevée, l’épuisement, le froid, les infections respiratoires antérieures et certaines pathologies (absence de l’artère pulmonaire droite, hypertension pulmonaire primitive, hypertension pulmonaire périnatale, cardiopathie congénitale, susceptibilité individuelle au retour en altitude).

Les symptômes du mal de l’altitude chez les enfants apparaissent généralement entre 4 et 12 heures après le début de l’ascension.

Mais comment prévenir le mal des montagnes ? Première réponse, et évidente : éviter de dépasser les 2000 mètres d’altitude, mais il est également possible d’éviter les perturbations en atteignant progressivement des altitudes particulièrement élevées, en s’arrêtant de temps en temps si l’on voyage en voiture et en évitant d’utiliser les télésièges, télécabines et téléphériques pour les dénivelés de 1400-1500 mètres à 2000 mètres.
De plus, si des symptômes, même légers, apparaissent chez l’enfant ou le nouveau-né, il est préférable de commencer à descendre progressivement vers des altitudes plus basses et de consulter un médecin.

Une attention particulière doit également être portée en montagne par temps froid, car les enfants sont plus exposés au risque d’hypothermie. Il est donc essentiel que le nouveau-né ou le nourrisson soit bien couvert et porte des vêtements adaptés à l’altitude.
Cependant, les sacs et bandes bananes doivent être utilisés avec prudence, car ils peuvent provoquer une compression artérielle prolongée.
Lorsque vous emmenez des enfants ou des nourrissons à la montagne, il faut également prêter une attention particulière au soleil. La peau des plus petits est en effet plus sensible aux rayons du soleil et il est donc nécessaire d’utiliser une crème avec un indice de protection adapté, ainsi que d’équiper le petit garçon ou la petite fille d’un chapeau et éventuellement de lunettes de soleil.

Enfin, il est bon de rappeler que l’alimentation en montagne varie et, compte tenu du climat sec, il est bon d’offrir de l’eau aux plus petits plus fréquemment, évidemment seulement après 6 mois (plus tôt si l’enfant est allaité, ce n’est pas nécessaire).

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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