Sepsis : qu'est-ce que c'est, causes, symptômes et traitement

Sepsis : qu’est-ce que c’est, causes, symptômes et traitement

Par Dr. Kyle Muller

Il s’agit d’une réponse inflammatoire incontrôlée de l’organisme à une infection qui peut rapidement compromettre les organes vitaux. Chez les nouveau-nés et les jeunes enfants, c’est rare mais particulièrement dangereux : reconnaître les premiers symptômes, connaître les facteurs de risque et intervenir rapidement est essentiel pour réduire les complications.

La septicémie est une maladie rare mais potentiellement très grave qui peut se développer comme une complication d’une infection. Elle peut toucher des personnes de tout âge, mais elle est plus fréquente et dangereuse chez les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes dont les défenses immunitaires sont réduites.

À l’échelle mondiale, la septicémie est l’une des principales causes de décès par infection. C’est pourquoi il est important d’apprendre à identifier les symptômes et à les reconnaître, car ils peuvent évoluer rapidement.

Pour les parents, entendre parler de sepsis peut être très effrayant, mais il est important de souligner qu’aujourd’hui la médecine dispose d’outils efficaces pour diagnostiquer et traiter cette maladie. Le facteur le plus important est la rapidité : reconnaître les signes et intervenir rapidement peut faire une grande différence.

Qu’est-ce que la septicémie

Pour comprendre ce qu’est le sepsis, commençons par sa définition. Selon les lignes directrices les plus récentes, le sepsis, dans le contexte pédiatrique, est défini comme un dysfonctionnement potentiellement mortel d’un ou plusieurs organes, provoqué par une réponse immunitaire et inflammatoire anormale à une infection présumée ou confirmée.

Pour mieux comprendre la signification du mot « sepsis », il faut savoir que normalement, lorsqu’une bactérie ou un virus pénètre dans notre organisme, le système immunitaire le reconnaît et l’élimine de manière ciblée. En cas de sepsis, cependant, l’infection provoque une réponse immunitaire désordonnée qui devient incontrôlable. C’est-à-dire que l’inflammation se développe et se propage dans tout le corps, endommageant le fonctionnement de divers organes (notamment les systèmes cardiovasculaire, respiratoire, de coagulation ou neurologique).

Le terme « infection septique » est souvent utilisé pour désigner une infection associée à cette réponse généralisée.

La forme la plus grave de sepsis est le choc septique. Dans ce cas, le système cardiovasculaire est compromis, la pression artérielle chute dangereusement et les organes ne reçoivent pas suffisamment de sang et d’oxygène. Sans traitement rapide, cette maladie peut mettre la vie en danger.

Il est utile de préciser que le sepsis n’est pas contagieux et ne se transmet pas d’une personne à une autre. Cependant, l’infection qui en est la cause, comme la pneumonie ou la méningite, peut être contagieuse.

Infection du sang

De nombreux parents entendent parler d’une infection du sang ou d’une infection du sang et pensent immédiatement à une septicémie. En réalité, il est important de faire la distinction entre sepsis et septicémie, deux termes souvent confondus. Le terme « septicémie » indique la présence de bactéries dans le sang, tandis que la septicémie est une réponse inflammatoire non régulée de l’organisme. Cela signifie que :

  • la septicémie est une infection du sang ;
  • la septicémie est la réaction du corps à une infection ;
  • La septicémie peut provoquer une septicémie, mais toutes les septicémies ne sont pas des septicémies.

En d’autres termes : la septicémie n’est pas l’infection elle-même, mais la manière extrême et dangereuse dont le corps de l’enfant réagit à cette infection.

Causes de la septicémie

Les causes du sepsis sont presque toujours liées à une infection. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une septicémie bactérienne, mais des virus et des champignons peuvent également en être responsables.

Certaines bactéries, notamment celles dites à Gram négatif, peuvent provoquer des formes particulièrement graves (septicémie à Gram négatif), car elles stimulent une réponse inflammatoire très intense.

Les champignons, comme le candida, peuvent également provoquer un sepsis, notamment chez les prématurés ou les patients fragiles.

Il est souvent utilisé pour préciser le site où la septicémie a commencé, comme :

  • urosepsis : sepsis d’origine rénale ;
  • sepsis abdominal (d’appendicite, péritonite, etc.);
  • sepsie pulmonaire.

Symptômes et signes avant-coureurs

Les symptômes de la septicémie peuvent commencer de la même manière que ceux d’une infection courante, mais ont tendance à s’aggraver rapidement. Les premiers signes incluent souvent :

  • forte fièvre ou plus rarement température corporelle basse ;
  • frissons;
  • faiblesse intense;
  • mal-être général.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, les éléments suivants peuvent apparaître :

  • respiration rapide ou difficile;
  • rythme cardiaque rapide;
  • hypotension artérielle;
  • diminution de la quantité d’urine (signe que les reins souffrent ou qu’il y a une déshydratation) ;
  • peau inhabituellement pâle, grisâtre, marbrée (tachée) ou très froide au toucher ;
  • apparition de petites taches rouges ou violettes sur la peau qui ne disparaissent pas si on les appuie, par exemple avec un verre (pétéchies).

Un signal particulièrement important est l’altération de l’état de conscience. L’enfant peut paraître confus et moins réactif. Chez les très jeunes enfants, les signes peuvent inclure :

  • irritabilité inhabituelle;
  • difficulté à s’alimenter;
  • somnolence excessive;
  • interaction réduite.

Dans le sepsis, les symptômes peuvent être nombreux, mais comme il n’est pas toujours facile de les reconnaître, les parents doivent également se fier à leur propre instinct : si l’enfant semble « différent de d’habitude », si quelque chose dans son comportement ou son état général n’est pas convaincant, il est important de demander rapidement une consultation pédiatrique.

Qui est à risque

Comme mentionné, certaines personnes courent un plus grand risque de développer une septicémie parce que leur système immunitaire est moins efficace. Les groupes les plus à risque comprennent :

  • les nouveau-nés ;
  • petits enfants;
  • les personnes atteintes de maladies chroniques.

Certaines conditions particulières augmentent également le risque, telles que :

  • système immunitaire affaibli;
  • interventions chirurgicales récentes ;
  • implantation de dispositifs médicaux invasifs.

Les personnes âgées sont également plus fréquemment touchées par le sepsis.

La septicémie pendant la grossesse est rare mais possible. Une septicémie puerpérale peut cependant apparaître après l’accouchement, suite à des infections de l’utérus.

Sepsie néonatale

La septicémie néonatale est une maladie rare mais très grave avec des conséquences possibles. Elle peut affecter les nouveau-nés au cours de leurs 28 premiers jours de vie. Deux types peuvent être distingués, selon le moment où ils surviennent :

  • Sepsie précoce (dans les 72 premières heures) : le nouveau-né contracte l’infection peu de temps avant ou pendant la naissance. Les bactéries les plus courantes sont les streptocoques du groupe B (septicémie streptococcique) et Escherichia coli (septicémie à Escherichia Coli).
  • Sepsis tardif (ou sepsis néonatal tardif, c’est-à-dire après 72 heures) : l’infection dérive du milieu environnant (hôpital, contacts extérieurs ou manœuvres médicales). Dans ce cas, les coupables sont souvent des bactéries présentes sur la peau, comme Staphylococcus aureus (septicémie staphylococcique).

Les bébés prématurés sont plus fragiles pour trois raisons principales :

  1. Faibles défenses : leur système immunitaire n’est pas encore prêt et ils ont peu d’anticorps.
  2. Peau fine : leur « barrière » externe est immature et les germes passent plus facilement.
  3. Traitements invasifs : ils nécessitent souvent une hospitalisation, un accès veineux et d’autres dispositifs qui, bien qu’essentiels à l’assistance, peuvent devenir des « portes d’entrée » pour les bactéries.

En cas de sepsis néonatal, les conséquences peuvent être graves. Les nouveau-nés prématurés sont plus fragiles et présentent un risque de complications plus élevé que les bébés nés à terme.

Sepsis chez les enfants

Chez les enfants, la septicémie est rare, mais si le processus démarre, il peut progresser rapidement. La cause la plus fréquente est la pneumonie, qui est également la principale cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans.

Dans le passé, les bactéries comme Haemophilus influenzae plutôt bien Streptococcus pneumoniae (septicémie fulminante à pneumocoque) figuraient parmi les causes les plus fréquentes de septicémie chez les jeunes enfants. Aujourd’hui, grâce à la vaccination, ces infections sont devenues beaucoup moins fréquentes et les formes graves ont été considérablement réduites.

Une autre bactérie importante est le méningocoque (septicémie méningococcique), qui peut toucher même les enfants en parfaite santé, en particulier dans les premières années de la vie et à l’adolescence, provoquant des infections graves et soudaines, comme la méningite susmentionnée.

L’infection méningococcique peut débuter soudainement par une forte fièvre, des vomissements, des maux de tête, des difficultés de concentration et des douleurs musculaires intenses. Les signes les plus typiques de la méningite ne sont pas toujours présents, surtout dans les premiers stades, ce qui rend souvent le diagnostic difficile.

Dans certains cas, l’infection peut progresser rapidement et provoquer l’apparition de taches brunes sur la peau, signe d’une atteinte sévère des vaisseaux sanguins. Il s’agit d’une maladie grave qui nécessite un traitement urgent à l’hôpital.

Il existe également un vaccin contre cette bactérie, qui représente la forme de prévention la plus efficace.

Diagnostic

Le diagnostic de sepsis doit être posé rapidement. En plus d’un examen approfondi, les médecins peuvent demander des examens, tels que des analyses de sang, des hémocultures (vérifie la présence de bactéries dans le sang) et la détection de divers signes vitaux.

Chez l’enfant, le diagnostic repose sur des critères cliniques complexes, spécifiques à l’âge, qui indiquent une défaillance des systèmes vitaux tels que les systèmes cardiovasculaire, respiratoire, de coagulation ou neurologique. Les critères de Phoenix sont aujourd’hui considérés comme le meilleur outil pour le diagnostic et l’évaluation du sepsis et du choc septique chez l’enfant.

Traitement

La septicémie et le choc septique sont des urgences médicales. Le traitement doit être réalisé en milieu hospitalier et avec la participation de plusieurs professionnels de santé pour une approche multidisciplinaire. Le traitement du sepsis varie au cas par cas, mais comprend généralement :

  • antibiotiques intraveineux à large spectre, en fonction de l’âge de l’enfant et sur la base des résultats des hémocultures et des antibiogrammes ;
  • administration de liquides et de médicaments pour soutenir le système cardiovasculaire ;
  • oxygénothérapie et prise en charge des paramètres vitaux ;
  • surveiller le fonctionnement des organes.

Dans les cas plus graves, une hospitalisation en réanimation peut être nécessaire.

Une infection non traitée peut progresser rapidement, ce qui rend un traitement opportun. Pour cette raison, il est toujours important de faire appel aux soins d’un pédiatre si vous avez le sentiment que quelque chose ne va pas ou que l’enfant est différent de d’habitude.

Pronostic et complications

Bien que la médecine ait fait de grands progrès dans la réduction des cas de décès par sepsis, le sepsis aigu et le sepsis fulminant restent particulièrement agressifs et peuvent laisser des « cicatrices » même à l’âge adulte. En particulier:

  • Sur le développement cognitif et moteur. En plus des dommages neurologiques immédiats, suite à une septicémie grave, les enfants peuvent présenter des retards d’apprentissage, des difficultés d’élocution ou des problèmes de coordination motrice.
  • Déficits sensoriels. Des problèmes de vision peuvent survenir et l’utilisation de certains médicaments vitaux peut entraîner une déficience auditive.
  • Problèmes de croissance. Une septicémie grave, en particulier chez les nourrissons prématurés et de très faible poids, augmente le risque de retard de croissance avec d’éventuels problèmes de nutrition et de développement jusqu’aux premières années de la vie.

Tous les enfants n’auront pas de mauvais résultats, et certaines études à long terme montrent des guérisons possibles. C’est pourquoi il est prudent de garantir des contrôles réguliers pour vérifier la croissance et le développement moteur/cognitif, en assurant un soutien nutritionnel et de réadaptation aux enfants qui ont contracté une infection grave.

Prévention

Même si entendre le mot sepsis peut faire peur, nous ne devons pas oublier que la prévention est notre meilleur allié : les vaccinations (comme celles contre le pneumocoque et le méningocoque) ont considérablement réduit les cas graves, nous immunisant contre des infections autrefois redoutables.

Une bonne hygiène des mains et une utilisation responsable des antibiotiques – uniquement sur prescription du pédiatre – contribuent à réduire les infections graves et les conséquences du sepsis.

Écoutez vos enfants : si vous constatez quelque chose d’anormal, n’hésitez pas à consulter votre médecin. Agir avec prudence et rapidité transforme souvent une situation critique en une histoire qui se termine bien.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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