Nous publions, comme l’exige l’art. 34 du Contrat national de travail journalistique, une déclaration syndicale de la Fédération nationale de la presse italienne (FNSI, syndicat unitaire des journalistes) relative à la négociation pour le renouvellement du contrat national de travail journalistique.
Suit le communiqué de la Fédération italienne des éditeurs de journaux (FIEG, qui représente les principales sociétés d’édition de quotidiens, périodiques, agences de presse et publications numériques) sur le même sujet.
LA DÉCLARATION DE LA FNSI
Dignité. C’est le slogan qui pousse les journalistes italiens à encore deux jours de grève : le 27 mars et le 16 avril. Oui, nous voulons que l’information soit reconnue avec la dignité nécessaire et surtout lui garantir un avenir également digne. Aujourd’hui, cela n’est pas acquis, bien au contraire.
Notre contrat de travail a expiré il y a 10 ans, nos salaires ont été érodés par l’inflation et ont perdu 20 % de pouvoir d’achat. Nous sommes la seule catégorie à avoir attendu aussi longtemps le renouvellement. Il y a une question économique évidente, mais aussi une question tout aussi claire d’autorité et d’indépendance de la presse.
Ce que les éditeurs veulent démanteler morceau par morceau, c’est ce même contrat que le président de la République, Sergio Mattarella, a défini comme « la première garantie de la liberté des journalistes italiens ». C’est le lien entre nos revendications économiques fondamentales et la liberté d’information que les citoyens, les lecteurs, les téléspectateurs et les internautes doivent exiger pour être eux-mêmes libres.
Les éditeurs empochent des millions de ressources du gouvernement (de celui-ci comme des précédentes), mais investissent peu dans leurs entreprises et pour renforcer l’information professionnelle. Au contraire, ils envoient des salariés de 62 ans en retraite anticipée, versent des incitations pour d’autres types d’exode, vident les rédactions et recourent à des collaborateurs et des numéros de TVA payés une somme dérisoire.
Ils rejettent les règles fondamentales d’utilisation de l’Intelligence Artificielle, visiblement prête à remplacer les journalistes, véritable cœur de métier de l’information.
Ils font semblant d’ignorer la loi qui les oblige à rémunérer les journalistes pour le contenu éditorial transféré par les entreprises vers ce que l’on appelle Over the top (Ott), c’est-à-dire les grandes entreprises qui fournissent du contenu et des services en ligne.
Ils voudraient que les journalistes du futur soient encore moins payés qu’aujourd’hui et que la voie soit tracée à l’exploitation du travail indépendant, à tel point qu’à la table des justes rémunérations, devant le gouvernement, ils ont formulé une proposition encore inférieure à celle rejetée en 2016 par le Conseil d’État.
Pour toutes ces raisons, nous nous mettons à nouveau en grève.
Nous le faisons pour nous. Pour notre dignité. Pour notre avenir. Nous le faisons pour vous et pour notre et votre liberté en tant que citoyens. Demandons-nous à quel point est libre un journaliste forcé de monter sur la chaîne de montage de l’information ; comment un travailleur à la pièce peut garder le dos droit ; combien serein sera un éditeur qui ne pourra plus compter sur les indispensables protections contractuelles. Demandez-vous si vous aimeriez toujours découvrir les pages de ces journaux, écouter ces programmes d’information, parcourir les réseaux sociaux et les pages en ligne de ces journaux.
LA DÉCLARATION DE LA FIEG
Les rédacteurs de la FIEG soulignent que nous sommes en présence d’un contrat de travail national ancré dans des modèles économiques qui n’existent plus et qui garantit des privilèges qui ne sont plus durables, comme par exemple le paiement d’anciens congés supprimés il y a 50 ans ou les mécanismes automatiques de rémunération à pourcentage qui, par ailleurs, ont largement préservé les journalistes des effets de l’inflation.
C’est la raison pour laquelle le syndicat n’a souhaité aborder ni la question de la modernisation globale du contrat (qui serait en effet essentiel comme outil de compétitivité) ni celle de l’introduction de règles plus flexibles pour encourager l’embauche des jeunes, préférant se limiter aux demandes exclusivement économiques. Et également en matière de collaborateurs, la FIEG a constamment exprimé sa volonté, jusque dans les instances institutionnelles compétentes, d’améliorer les règles et rémunérations en vigueur.
On se souvient que c’est précisément pour protéger l’emploi et pour éviter les licenciements qu’on a eu recours à la retraite anticipée et cela s’est toujours produit avec l’accord du syndicat qui a signé tous les états de crise.
Malgré le manque de volonté du syndicat d’innover de quelque manière que ce soit dans les règles contractuelles, les éditeurs ont formulé à plusieurs reprises – avec le contrat inchangé et non « démantelé » – une offre économique supérieure à celle du dernier renouvellement et adaptée aux conditions du secteur et réaffirment qu’ils continueront à faire leur part, en investissant dans les produits et en renforçant le professionnalisme.
