In September it will go to the first!

Il sera présenté en septembre !

Par Dr. Kyle Muller

Comment se prépare-t-on à entrer en première année ? Inutile de proposer des exercices de pré-écriture : mieux vaut privilégier les jeux de plein air et les petites tâches domestiques

À l’approche de l’école primaire, les parents commencent à se demander, avec une certaine inquiétude, si leurs enfants sont prêts à apprendre à lire et surtout à écrire. Il arrive que parfois, désireux de tester et de consolider les « pré-requis » des enfants, ils s’essayent à des activités préparatoires « faites-le vous-même » (par exemple en proposant de copier des mots courts, ou en téléchargeant des fiches de pré-écriture sur Internet ou encore, le plus méthodique, en achetant des textes qui rassemblent des activités de pré-écriture). Mais dans la plupart des cas, ils ignorent les aspects pédagogiques et didactiques qui caractérisent les processus d’apprentissage et qui déterminent leur réussite.

Les risques de la préparation « maison »

Proposer des activités de cette manière peut donc conduire à l’échec et en même temps au développement, chez l’enfant, d’une intolérance dangereuse envers ce type d’exercice. Pour quelle raison ? Car si l’enfant, en accomplissant les tâches proposées par maman et papa, éprouve des émotions négatives, ces émotions risqueraient de refaire surface à chaque fois que les mêmes expériences sont revécues, même si les tâches étaient à nouveau proposées correctement : les notions apprises, en fait, sont fixées dans le cerveau avec les émotions ressenties à ce moment précis.

Il s’agit d’un phénomène si « puissant » et pertinent pour la réussite future des apprentissages scolaires qu’il est devenu une ligne de recherche spécifique en neurosciences, sous le nom de cognition chaleureuse.

Le processus d’apprentissage

Il convient de souligner que si cette poursuite de la préparation « à domicile » est une tendance que les professionnels du service éducatif ont pu observer à plusieurs reprises ces dernières années, il est également vrai qu’elle s’est aggravée avec la fermeture des écoles en raison de la pandémie de COVID-19. Se demander comment stimuler correctement ses enfants est donc devenu une question plus que jamais d’actualité.

Essayons de clarifier un peu les choses, pour éviter de commettre des erreurs qui pourraient nuire au bon début de votre parcours scolaire.

Commençons par dire que pour qu’un enfant puisse affronter l’expérience de l’école primaire de manière détendue, il doit avoir un bon contrôle émotionnel. Des études menées aux États-Unis dans les années 1990 ont en effet souligné que l’un des plus grands prédicteurs de la réussite scolaire est précisément la possession d’une bonne régulation émotionnelle.

En effet, le processus d’apprentissage n’est pas un chemin linéaire qui se déroule sans heurts : au contraire, il arrive souvent que l’enfant soit confronté à des demandes plus ou moins difficiles et à des erreurs. Pour y faire face, le petit doit être préparé à la possibilité que tout ne se passe pas comme il le souhaiterait et que faire des erreurs est normal, utile et fait partie du processus d’apprentissage.

« Exercer » des émotions

Ici donc, en vue de l’école, il devient important d’aider l’enfant à travailler sur son contrôle émotionnel, en lui donnant la possibilité de gérer ses émotions, sans agir « comme un filtre » l’empêchant de connaître de petits échecs et déceptions. Les expériences de frustration, en effet, permettront à l’enfant non seulement de ressentir et d’apprendre à gérer des émotions négatives légèrement intenses, mais aussi de concevoir, grâce au soutien présent mais non écrasant de l’adulte, différentes solutions pour faire face au problème à résoudre.

Les petites tâches et activités permettant aux enfants de se tester sont donc les bienvenues :

  • mettez la table vous-même ;
  • prendre une douche en toute autonomie (le parent restera dans la chambre, mais entre-temps s’occupera, par exemple, de la machine à laver) ;
  • choisir, démarrer et terminer un jeu ;
  • jouez ensemble et donnez l’opportunité de vivre à la fois la victoire et, surtout, la défaite.

Commencer par gérer les frustrations dans l’espace sûr de la famille permettra à l’enfant de généraliser cet apprentissage émotionnel même dans les contextes les plus difficiles, comme l’école.

Entraînez votre corps

Qu’en est-il des activités préalables ? Quelle bonne idée proposer aux enfants pour qu’ils arrivent prêts en classe ?

Pour éviter de charger les enfants d’activités inutiles, voire carrément nuisibles du point de vue de la motivation scolaire ultérieure, il faut toujours garder à l’esprit le principe fondamental selon lequel l’apprentissage se fait d’abord par le corps.

Il est donc conseillé d’éviter de placer les enfants devant des cartes pré-imprimées ; il vaut mieux privilégier les expériences concrètes, où le corps et le mouvement sont les véritables protagonistes.

Pour apprendre à bien écrire par exemple, il faut développer non seulement la dextérité manuelle, mais aussi une bonne coordination motrice globale. Les jeux de mouvement, éventuellement en plein air, sont donc préférables pour renforcer tous les schémas moteurs (ramper, courir, sauter, faire des sauts périlleux…).

Et encore, plutôt que de forcer l’enfant à réaliser des exercices de pré-écriture, qui pourraient aussi être incorrects d’un point de vue opérationnel, mieux vaut l’aider à entraîner adéquatement les muscles de ses bras et de ses mains : feu vert pour les activités de cuisine, de jardinage, de bricolage et de couture !

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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