L’Australie est le premier continent au monde pour… les extinctions de mammifères. Un bilan décidément peu enviable, qui a déjà provoqué la disparition d’une quarantaine d’espèces depuis que nous, Européens, sommes arrivés à coloniser ; À l’heure actuelle, jusqu’à 80 mammifères sont menacés d’extinction en Australie.
Australie : berceau de la biodiversité. Un problème de taille pour un continent qui abrite à lui seul environ 8 % de la biodiversité mondiale, et dont les causes sont multiples, dont certaines font cependant encore l’objet de nombreuses discussions. Une en particulier : l’idée selon laquelle les chats et les renards, introduits par les Européens suite à la colonisation du continent, seraient responsables de la disparition de nombre de ces espèces.
Une hypothèse considérée comme valable depuis des décennies mais qu’une équipe australienne a remise en question dans des recherches l’année dernière. Étude à laquelle une autre université australienne a répondu, qui renverse encore la situation en affirmant que oui, ce sont des chats et des renards Vraiment parmi les responsables de l’extinction des mammifères australiens. L’étude a été publiée le Biosciences.
Et si les coupables étaient d’autres ? En 2025, une étude provocatrice a ébranlé les fondements de la conservation de l’environnement, remettant en question trois piliers que l’on croyait intouchables. Selon les chercheurs, les dates de les extinctions massives ne coïncident pas toujours avec l’arrivée de prédateurs « envahisseurs » et, plus déconcertant encore, avec les programmes de l’abattage sélectif des chats et des renards n’aurait pas conduit au repeuplement espéré des mammifères indigènes. Bref : les chiffres ne concordaient pas, laissant penser que la responsabilité des deux « extraterrestres » avait été acceptée avec trop de hâte et peu de preuves concrètes.
Coexistence impossible. L’hypothèse la plus accablante du front des « négationnistes » concernait la coexistence sur le terrain. Si les chats sauvages et les renards avaient réellement été les tueurs impitoyables décrits jusqu’à présent, dans les zones où la densité de prédateurs est la plus élevée, je on s’attendait à ce que les mammifères indigènes soient absents ou en déclin drastique. Cependant, l’étude de 2025 a nié ce scénario, émettant l’hypothèse que l’impact de ces animaux avait été surestimée au détriment d’autres facteurs, comme le changement climatique ou la destruction de l’habitat. Une conclusion qui a ouvert un débat houleux parmi les experts : qui est le véritable ennemi de la faune australienne ?
la fête du « oui ». L’équipe de l’Université Charles Darwin a répondu point par point aux thèses de l’équipe du Queensland. Premièrement, une nouvelle analyse des dates historiques d’arrivée des chats et des renards et de la disparition des mammifères indigènes semble réfuter l’étude précédente et confirmer que tous les mammifères ont disparu après l’introduction des chats ; les renards sont arrivés plus tard et il est moins clair à quelles extinctions ils ont contribué.
L’étude se concentre en particulier sur les îles australiennes : dans celles où les chats et les renards ne sont pas arrivés, il existe encore des espèces disparues du continent.
Il y a ensuite le problème des programmes de contrôle : selon les scientifiques de la CDU, bon nombre d’entre eux ne réduisent pas réellement le nombre de chats et de renards, mais servent uniquement de recensement. Pour mieux comprendre l’effet de la présence des deux mammifères envahisseurs, les scientifiques se sont à nouveau penchés sur les îles : là où les chats et les renards n’arrivent pas, les mammifères locaux prospèrent toujours, si on les compare aux mêmes espèces dans des habitats similaires mais qui vivent sur le continent (et donc en compagnie de prédateurs).
Un danger pour la biodiversité. En bref : il semble indéniable que, même s’ils ne sont évidemment pas les seuls responsables, les chats et les renards sont responsables de l’extinction des mammifères australiens. En revanche, cela ne devrait pas surprendre : nous vous avons déjà expliqué par le passé pourquoi les chats devaient être gardés à l’intérieur, pour leur propre bien et celui de la faune sauvage (cela vaut aussi pour les chiens, pour mémoire). Alors : portes fermées, filets anti-fuite et vous aussi pourrez éviter un petit massacre dans la cour.
