L’âge auquel on commence généralement à parler coïncide approximativement avec la première année de vie, mais peut varier entre 10 et 18 mois, car chaque enfant est différent. Voici quelques idées pour encourager non seulement les premiers mots, mais aussi l’usage du langage en général chez les plus petits.
«Maman, quels ont été mes premiers mots ?». La curiosité proverbiale des enfants est également dirigée vers leur propre biographie. Parfois, des questions comme celle-ci nous mettent en difficulté, mais les parents et les grands-parents se souviennent souvent avec tendresse de ces premiers mots, notés dans le carnet ou liés à un épisode curieux.
Selon un lieu commun, les premiers mots des enfants révèlent les caractéristiques de leur personnalité : le plus gourmand dira « pappa », le plus câlin « maman », le plus sociable « bébé ». Mais est-ce vraiment comme ça ? Et quel est le « bon » âge pour commencer à parler ?
Quand un bébé dit-il ses premiers mots ?
A quel âge commence-t-on à parler ? Avant de répondre à cette question, nous devons clarifier ce que sont les mots.
Un mot est l’étiquette verbale que l’on utilise pour désigner un objet, un événement, une sensation, etc. Il doit avoir deux caractéristiques :
- Intentionnalité. Autrement dit, le mot doit être utilisé dans un but précis. La plupart du temps, les premiers mots sont utilisés par l’enfant pour formuler une demande (Il dira « Du lait ! » pour prendre à boire) ou pour déclarer quelque chose (« Papa ! » pour dire qu’il a vu son père arriver).
- Signification. Le mot a été créé pour véhiculer un sens précis. C’est pourquoi les onomatopées (c’est-à-dire les sons émis par les animaux et les objets comme « bau » ou « brum ») et les mots incomplets (par exemple « ino » pour « ballon ») ou les mots déformés (comme « cocciolato » pour « chocolat » ou « tatto » pour « chat ») doivent également être considérés comme de vrais mots.
En revanche, le babillage (dont nous parlons en profondeur dans cet article) ne compte pas comme un mot car il ne porte pas de sens précis, malgré la présence de l’intention.
Cela étant établi, quand un enfant prononce-t-il ses premiers mots ? Lorsqu’il est prêt, c’est-à-dire lorsqu’il a développé trois exigences particulières :
- Réactivité. Il s’intéresse au monde et surtout aux gens. Un regard sympathique et alerte en est un exemple.
- Imitation. Il est capable de répéter – à sa manière – des gestes, des grimaces, des sons, par exemple en répondant aux paroles de son grand-père par un vers.
- Attention partagée. Se concentre sur un phénomène ou un objet avec une autre personne, comme lorsque l’on regarde un livre ensemble.
Ces compétences seront ensuite rejointes par la capacité d’abstraction et de compréhension du langage, toutes deux nécessaires à l’enfant pour prononcer ses premiers mots fatidiques.
La littérature scientifique nous apprend qu’en général, l’âge auquel on commence à parler coïncide approximativement avec la fin de la première année de vie (12-13 mois). Cependant, au cours de la toute petite enfance, il existe une grande variabilité dans l’acquisition des étapes de développement : chaque enfant suit sa propre trajectoire de croissance et la norme varie généralement entre 10 et 18 mois.
Quels sont les premiers mots des enfants ?
Il existe une base de données en ligne en libre accès appelée « Wordbank » qui, entre autres fonctions, nous aide à découvrir quels sont les premiers mots dans 42 langues à travers le monde. Il a été créé par le département de psychologie de l’Université de Stanford, en Californie (États-Unis), en collectant des questionnaires remplis par les familles et en analysant les données de plus de 92 000 enfants. « Maman » est le premier mot dans 12 langues, tandis que « papa » est en première position dans sept langues. Cette « compétition » entre parents peut être considérée comme résolue par égalité si l’on prend en compte les deux premières places du classement : en effet, dans la plupart des cas, lorsque le premier mot est « maman », le second est « papa » et vice versa. Les exceptions incluent le grec, où la première position est « grand-mère », le danois avec « bonjour », l’Australien avec « confiture » et l’Israélien avec « voiture ».
Mais pourquoi les enfants commencent-ils par ces mots ? Il y a trois raisons :
- Ils sont composés des sons les plus visibles sur la bouche ; les enfants observent notre façon de parler et sont capables d’imiter plus facilement des sons tels que /m/, /p/, /t/.
- Ils sont articulés avec des parties de la bouche déjà entraînées lors de la succion.
- Ils font partie des « mots sociaux », utiles pour demander quelque chose ou attirer l’attention.
Cela explique pourquoi les premiers mots des enfants incluent souvent les noms des membres de la famille, les noms d’aliments ou de jouets ou encore des onomatopées.
Comment aider les enfants à prononcer leurs premiers mots ?
Pour favoriser l’émergence des premiers mots, des stratégies de communication spécifiques peuvent être mises en œuvre et certaines activités proposées. Voici quelques idées sur ce qu’il faut faire pour aider les enfants à parler :
- Commentaire. Essayons de décrire ce qui capte l’attention de l’enfant en utilisant avant tout des mots liés aux cinq sens. Par exemple, en manipulant des feuilles sèches : « Écoutez comment elles grincent (ouïe). Ils ont un parfum (odeur) de forêt. Celui-ci est rugueux, celui-ci est lisse (toucher) ». Même de simples pratiques d’hygiène personnelle peuvent être d’excellentes idées de narration et aider l’enfant à les accepter plus volontiers.
- Écouter. N’oublions pas que la communication est un jeu qui peut se jouer à deux ! Ne bombardons pas l’enfant de mots mais laissons-lui toujours le temps nécessaire pour répondre, ne serait-ce que par un vers. Il peut être utile de garder à l’esprit la règle des 5 secondes, c’est-à-dire faire une pause de 5 secondes entre les phrases. L’enfant aura plus facilement envie de répéter ou d’intervenir.
- Développez son (et notre) univers. La langue s’apprend par l’expérience, donc plus vous avez d’expériences, plus vous avez d’opportunités d’apprendre quelque chose de nouveau. À cet effet, la lecture est inestimable, ainsi que d’autres activités telles que les massages du nouveau-né et la musique au berceau (souvent proposées par les centres de conseil et les crèches). Même des situations apparemment « simples » peuvent être très stimulantes, comme se promener au marché local ou aller au terrain de jeu.
- Parlez face à face, lentement, en utilisant des expressions faciales et des gestes, en jouant avec la voix. Ces précautions permettent d’articuler les sons avec plus de précision et d’exagérer un peu les mouvements de la bouche, attisant la curiosité des plus petits.
- Utilisez un langage simple et non simplifié. Cela semble être le même concept, mais voici la différence : « simple » signifie utiliser les termes corrects et spécifiques, dans des phrases courtes mais complètes ; « simplifier » signifie plutôt utiliser des mots infantilisés, trop génériques ou des onomatopées, car on pense à tort que certains mots sont trop difficiles pour l’enfant.
Voyons maintenant quoi Pas à faire, avec quelques indications pour corriger quelques erreurs et clichés :
- Anticipez ses besoins. De cette manière, nous privons l’enfant de la possibilité d’exprimer une demande ou un choix ! Une expérience utile pour stimuler l’interaction consiste, par exemple, à tendre à l’enfant son verre, mais vide. Très probablement, il tentera d’attirer l’attention avec un appel ou un mot pour signaler cet événement étrange !
- Interdire le bilinguisme. Les avantages du multilinguisme ne se calculent pas seulement en termes de langue, mais aussi de développement cérébral et culturel. Il est important que chaque parent ou membre de la famille interagisse avec l’enfant dans la langue dans laquelle il est le plus compétent pour lui fournir le bon modèle.
- S’il utilise des gestes plutôt que des mots, faites comme si vous ne le compreniez pas pour qu’il fasse un effort. Malheureusement, cette stratégie entraîne souvent une augmentation de la frustration chez l’enfant et le pousse par conséquent à communiquer de moins en moins. Il faut plutôt donner le bon exemple : si l’enfant fait un geste pour demander sa marionnette préférée, à mesure que nous la rapprochons de lui, nous la nommons correctement pour qu’il puisse faire correspondre le mot à l’objet.
- Utilisez des vidéos éducatives ou des dessins animés. Selon les directives émises par la Société italienne de pédiatrie, les enfants de moins de 2 ans ne doivent pas être exposés à la télévision ou à d’autres appareils électroniques. Portez une attention particulière aux vidéos et dessins animés définis comme « éducatifs » et annoncés parmi les solutions pour les enfants qui ne parlent pas. Ces produits, en effet, n’offrent pas un véritable environnement communicatif : la conversation reste à sens unique, puisque les personnages ne modifient pas leurs réponses en fonction de l’interaction de l’enfant.
- « La tétine n’a jamais fait de mal à personne. » La tétine peut être une alliée valable pour les parents pour rassurer l’enfant et faciliter l’endormissement. Cependant, l’utilisation doit être limitée à de courts moments de la journée et déconseillée à partir d’un an. En fait, la tétine occupe la bouche et réduit le besoin de communication.
Comment comprendre s’il y a des problèmes ?
Un retard dans l’acquisition du langage peut être la manifestation d’autres pathologies (surdité, troubles du spectre autistique, retard de développement généralisé, syndromes génétiques…), mais il peut aussi survenir de manière isolée et/ou avoir un caractère transitoire. Par conséquent, en cas de doute, il est important de consulter le pédiatre de famille, qui connaît l’histoire familiale et personnelle de l’enfant et saura guider les parents. Voici quand une consultation peut être particulièrement nécessaire :
- s’il semble que l’enfant n’entend pas bien, qu’il a eu de nombreuses otites, qu’il ne réagit pas lorsqu’on l’appelle par son nom ou à des sons forts et soudains ;
- s’il vous semble que l’enfant est « dans son monde », ne peut maintenir un contact visuel, ne montre pas une attention partagée, ne sourit pas, adopte des comportements stéréotypés et répétitifs ;
- s’il semble que le bébé a du mal à bouger la langue ou les muscles de la bouche, surtout si cela se produit également lors du sevrage et de l’introduction d’aliments solides ;
- s’il vous semble qu’il ne communique avec aucun canal de communication (gestes, expressions faciales, vers…) autre que les pleurs.
