Bullying at school: how to recognize episodes and intervene

Harcèlement à l’école : comment reconnaître les épisodes et intervenir

Par Dr. Kyle Muller

Les épisodes de harcèlement surviennent souvent dans les espaces et moments marginaux de l’école, c’est pourquoi il n’est pas toujours facile de les intercepter. Cependant, certaines interventions peuvent aider les enseignants et les parents à reconnaître et à intervenir efficacement face à des phénomènes de ce type.

Le harcèlement scolaire, souvent silencieux, se manifeste surtout dans les espaces marginaux tels que les toilettes, les vestiaires et pendant les récréations, et peut prendre des formes à la fois physiques et psychologiques, même chez les plus jeunes enfants dès l’âge primaire. Il est essentiel de pouvoir saisir des signaux subtils : les dessins, les chansons ou les jeux peuvent véhiculer de l’anxiété, de la tristesse ou de l’isolement et sont des indices précieux pour nous, les adultes.
Les causes résident à la fois dans les modèles adultes de violence et d’humiliation et dans les dynamiques sociales consolidées médiatisées par les réseaux sociaux. Face à un épisode, l’intervention doit être équilibrée : protéger la victime, impliquer l’intimidateur dans un processus de réparation non punitif et responsabiliser les observateurs silencieux dans leur choix de ne pas rester inertes. La prévention passe par des communautés scolaires inclusives, où les règles partagées et la valorisation des différences créent des environnements où les conflits sont vécus de manière non violente.

Le mot « harcèlement » (comme l’expression « harcèlement à l’école ») est assez récent mais définit un ensemble de comportements qui sont malheureusement loin d’être nouveaux. Il s’agit d’un ensemble d’actions dirigées contre une ou plusieurs victimes – presque toujours choisies parmi les sujets les plus faibles ou les plus fragiles – qui se manifestent dans l’espace scolaire et qui se caractérisent par la présence d’un ou plusieurs auteurs (les tyrans) et souvent de plusieurs observateurs.

Mais comment reconnaître les incidents de harcèlement à l’école ? Quelles sont les situations auxquelles il faut prêter attention et quelles sont les interventions ?

Comment reconnaître le harcèlement à l’école

Les épisodes de harcèlement surviennent souvent dans les espaces et les moments marginaux de l’école : toilettes, vestiaires, moments d’entrée ou de sortie du bâtiment, récréations… Au harcèlement physique, caractérisé par des coups ou des menaces, il existe, comme on le sait, le harcèlement psychologique indirect, visant à humilier ou mortifier la victime par des insultes verbales ou la diffusion de rumeurs, d’images et de vidéos. Il ne faut pas faire l’erreur de penser que ces épisodes ne touchent que la tranche d’âge des adolescents : en réalité, la dimension de mortification des faibles peut être présente dès l’école primaire.

Alors, comment reconnaître les incidents d’intimidation lorsqu’ils ne sont pas évidents ? Tout d’abord, il faut accorder beaucoup de crédit aux communications transversales typiques des enfants – dessins, chansons, jeux – qui peuvent contenir des messages implicites d’une extrême importance. Il faut alors être très sensible pour détecter d’éventuels signes de tristesse, de repli sur soi et de dépression, mais aussi la peur ou l’anxiété soudaine de l’enfant face à l’école ou l’envie de ne plus participer aux cours.

Causes du harcèlement scolaire

Quelles sont les causes du harcèlement ? Au risque de simplifier le débat, il faut distinguer les causes lointaines ou sociales des causes immédiates ou pédagogiques.

En ce qui concerne les causes lointaines, s’ils sont présents, les phénomènes d’intimidation ne sont pas inventés par les enfants ou les jeunes, mais sont des imitations d’épisodes de violence, d’humiliation et de mortification vécus par eux ou vus avec des adultes comme protagonistes. Les causes sociales résident plutôt dans l’exposition continue des enfants à la violence et aux abus des forts sur les faibles, également et surtout à travers le monde des médias sociaux.

Si nous sommes confrontés à des causes immédiates ou pédagogiques, chaque cas doit évidemment être jugé selon ses détails spécifiques, mais ce qui est sûr, c’est qu’une classe dans laquelle se produisent des épisodes de harcèlement envoie un message au monde adulte et donc les enseignants et les parents doivent se mettre dans une perspective d’écoute, afin d’identifier quel travail pédagogique a manqué jusqu’à ce moment-là.

Harcèlement à l’école : que faire ?

L’approche du harcèlement à l’école primaire doit avant tout trouver un équilibre entre une intervention immédiate pour protéger la victime et la capacité de ne pas s’appuyer uniquement sur une logique punitive à l’égard des soi-disant « tyrans » ; en effet, l’intimidateur puni peut même faire de sa punition une sorte de médaille à exhiber pour renforcer son leadership.

Une fois le phénomène du harcèlement intercepté, il faut agir sur trois fronts. Tout d’abord, il faut protéger la victime et prendre en charge sa peur et son sentiment de culpabilité (souvent la personne qui subit des violences est amenée à croire qu’elle « mérite » l’abus en raison de sa propre faiblesse, de sa fragilité, de son apparence physique…). Il faut alors agir sur l’intimidateur sans logique punitive, mais plutôt en l’amenant à reconnaître la gravité de son acte et à poser un geste réparateur qui n’est pas seulement une excuse mais la tentative de reconstruire, sur de nouvelles bases, une relation avec la victime.

Enfin, un travail fondamental doit être fait auprès des observateurs et témoins silencieux des épisodes d’intimidation, qui doivent être accompagnés pour réfléchir sur le fait que face à une situation de violence, une non-action vaut autant que l’action elle-même menée par les agresseurs.

Comment prévenir le harcèlement scolaire ?

Comment prévenir le harcèlement ? Tout d’abord, il faut partir d’une considération : s’il est vrai qu’aucune classe ou aucun groupe ne peut être à 100 % immunisé contre le phénomène du harcèlement, il est également vrai que le harcèlement n’est pas nécessairement inscrit dans le destin de chaque classe ou groupe. Cela va jusqu’à dire que la prévention du harcèlement est fondamentale et implique de rendre les enfants responsables du bien-être de leurs camarades de classe.

La création de classes qui soient de véritables communautés d’apprentissage, au sein desquelles l’acceptation et la valorisation des différences sont la base de la coexistence quotidienne, et où les règles sont toujours coproduites et partagées par les enfants et les adultes, sont des éléments fondamentaux de prévention.

Il n’est pas toujours nécessaire d’évoquer le harcèlement pour prévenir ce phénomène ; c’est la relation quotidienne entre les personnes, la positivité de l’expérience de vivre aux côtés de ceux qui sont différents, l’enrichissement mutuel de la croissance dans un environnement accueillant, l’expérience du conflit vécu à travers son élaboration non violente, qui enlève de l’oxygène à la culture de l’abus et de la violence qui est à la base du harcèlement ainsi que de toute forme de domination du fort sur le plus faible.

FAQ

Quelle est la propagation actuelle du harcèlement et de la cyberintimidation dans les écoles italiennes ?
Selon les données de surveillance HBSC Italia 2022, fournies par le ministère de la Santé avec l’ISS, parmi les enfants de onze ans victimes de harcèlement scolaire, il y a 18,9% de garçons et 19,8% de filles ; à 13 ans, respectivement 14,6% et 17,3%. Le phénomène diminue chez les adolescents de 15 ans (9,9% d’hommes ; 9,2% de femmes). La cyberintimidation est en augmentation dans la tranche d’âge de 11 à 13 ans, avec des pics allant jusqu’à 21 % chez les filles de 11 ans.

Quels outils et réglementations existent pour aider les écoles à prévenir et combattre le harcèlement ?
La loi 71/2017 constitue la base réglementaire du cyberharcèlement, mise à jour le 14 juin 2024 pour inclure également le harcèlement, avec des obligations pour les écoles telles que l’adoption d’un code interne, des services psychologiques et l’information des familles. Les lignes directrices ministérielles de 2021 (arrêté ministériel du 18 janvier 2021, note 482/2021) fournissent des outils fondés sur des preuves pour les chefs d’établissement, les enseignants et le personnel, y compris les équipes anti-intimidation, des protocoles d’intervention et le développement de compétences spécifiques.

Existe-t-il des ressources ou des plateformes de formation pour les enseignants en charge du harcèlement ?
Oui. La plateforme ELISA (E-Learning for Teachers on Anti-Bullying Strategies) est un outil gratuit lancé par le MIUR en 2018, actif dans environ 70 % des écoles italiennes avec environ 10 000 enseignants inscrits en 2022/23. De plus, le programme Generazioni Connesse, promu par le ministère de l’Éducation avec des partenaires institutionnels, propose des formations aux étudiants, aux enseignants et aux familles sur des sujets liés à l’utilisation sécuritaire du Web, à la cyberintimidation, au sexting, aux deepfakes, etc.

Quel rôle a l’école et quelles mesures doit-elle concrètement adopter ?
Chaque institut doit nommer un enseignant de référence qui coordonne les initiatives anti-harcèlement, mettre en place une équipe anti-intimidation et une table de surveillance permanente ; intégrer les lignes directrices dans les règlements scolaires; structurer des protocoles d’urgence et des outils de suivi tels que des questionnaires ou une plateforme ELISA. L’accès à des services de soutien psychologique est également assuré, également activé sur initiative régionale ou ministérielle.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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