Someone calls them "The terrible two"

Certains les appellent « les deux terribles »

Par Dr. Kyle Muller

Les Anglais l’appellent Terrible Two, une phase de changements profonds pour le petit qui commence à se percevoir comme une unité corporelle distincte de ses parents.

Des cris soudains, des cris inconsolables et des réactions inattendues. La première pensée des parents est : « Que se passe-t-il ? Jusqu’à hier, c’était la paix et maintenant, tout d’un coup, nous avons un petit révolutionnaire dans la maison. » Ne vous inquiétez pas, nous sommes officiellement entrés dans la phase que les Anglais appellent Terribles deuxet on peut aussi déjà se rassurer : comme pour toute phase évolutive, elle aussi a un début, un milieu et une fin. Mais cela reste encore une période qu’il faut comprendre et aborder avec prudence, justement pour alléger les fardeaux. Respirons profondément et essayons ensemble de comprendre son importance pour le développement des enfants et le comportement des parents.

Pas seulement « non »

Il faut considérer que les enfants, comme nous les adultes, ont le droit de dire « non », même si cela devient une sorte de mot magique à répéter obstinément pour affirmer sa volonté et son indépendance vis-à-vis des adultes (ou même simplement pour voir quel effet cela produit).
Mais deux ans, ce n’est pas seulement l’âge du « non », de l’opposition et de la colère. En même temps, en effet, l’enfant commence souvent à prononcer le pronom « je », se reconnaît dans le miroir, perçoit sa propre unité corporelle et commence à se sentir comme une « personne » avec pensée et volonté, séparée de sa mère, de son père et des autres figures de référence.
La « cible » privilégiée dans cette phase d’affirmation et d’opposition est la mère, c’est-à-dire la personne avec qui il a le plus de confiance et avec laquelle il se sent le plus libre de s’exprimer : c’est justement d’elle qu’il sent qu’il dépend le plus et c’est avec elle qu’il a encore peur de se confondre.
Rappelons donc que c’est à travers le « non » et le « je » (et aussi le « mien ») que l’enfant expérimente sa liberté et tente d’affirmer sa propre personnalité ; c’est-à-dire que les premières formes de « pensée individuelle » font leur chemin en lui. Les « objections » ne représentent donc rien d’autre qu’un appel à l’autonomie.

Peurs et insécurités de l’enfant

Le « non », l’opposition et les défis apparents contiennent aussi les peurs et les insécurités du petit. En effet, d’un côté il y a son envie de s’aventurer dans un monde inconnu mais de l’autre la peur de ne pas savoir ce qu’il va trouver : « Je grandis, je veux le faire tout seul » mais « j’ai encore besoin de tes conseils et de ta proximité ». Il s’agit d’une phase de développement importante, une « salle de sport » dans laquelle l’enfant s’entraîne pour apprendre à gérer la frustration et à contrôler la colère. Il faudra du temps pour maîtriser les pulsions émotionnelles, et le parent devra rester près de lui, laisser ce temps évoluer, lui proposer des stratégies gagnantes et des solutions socialement acceptables.

Parents : comment se comporter face aux Terribles deux ?

Évitons d’abord de considérer les attitudes oppositionnelles de l’enfant comme un défi et considérons-les plutôt comme une première tentative confuse de comprendre comment fonctionne le monde. Nous devrions alors être suffisamment forts pour les soutenir et les soutenir lors des « défaillances » et des inévitables sautes d’humeur, ainsi que pour prédire et anticiper les situations dont nous savons qu’elles pourraient « déclencher » des crises de pleurs et de colère. Essayons par exemple de limiter la fréquentation des milieux fermés, bondés et trop stimulants (supermarchés, centres commerciaux, etc.) : fatiguer l’enfant le rendra plus facilement irritable et nerveux. Mieux vaut le sortir dehors, en plein air : la nature apaise les tensions, calme, rassure et offre des possibilités d’expérimentation infinies.

Une maison sûre pour jouer

Les enfants ont souvent besoin de sauter, courir, grimper, et il est donc important de leur offrir des opportunités physiques à la maison comme à l’extérieur. L’important est que la pièce choisie pour ce type d’activité, ainsi que le reste de la maison, soit un endroit sûr : on profitera donc des espaces qui ont des structures « douces » à l’intérieur comme un matelas, un canapé, des coussins etc ; de cette façon, le petit courra moins de risques (par conséquent, il y aura aussi moins d’interdictions de notre part) et en même temps il pourra choisir et utiliser de manière autonome une grande quantité d’objets et de matériaux.
L’important est de toujours conclure ces activités par des moments de détente : câlins, musique relaxante, lecture.

Canalisez vos énergies

Une autre tâche importante est d’aider l’enfant à canaliser ses énergies. A cet égard, il est préférable de lui offrir, pendant la journée, une vie ordonnée dans laquelle les règles (de repas, d’hygiène, de repos, etc.) représentent une habitude normale et bonne pour son bien-être.
Pendant la « phase d’opposition », les enfants veulent tout faire seuls, mais cet aspect peut être « exploité » positivement par les parents. Aidons-les, par exemple, à mettre la table, ou invitons-les à réaliser certaines actions de manière autonome (manger, aller aux toilettes, mettre leurs chaussures, etc.) et laissons-les peut-être gérer même quelques petites frustrations sans notre intervention.

Calmons-nous et « récupérons » nos émotions

Face à d’éventuelles crises, la meilleure chose à faire est de rassurer le petit : ce n’est qu’une fois calmé qu’il pourra retrouver l’émotion et l’expérience qu’il a ressenties. Pour ce faire, gardons d’abord notre calme, car crier et s’énerver ne seront que contre-productifs (l’enfant aussi s’énervera).
Chaque parent a sa propre manière de retrouver la tranquillité intérieure, comme respirer profondément, compter jusqu’à vingt, quitter la pièce et « déléguer » quelqu’un le court temps nécessaire pour réduire les tensions, etc.
Dans tous les cas, le conseil est de rassurer nos enfants en leur faisant un câlin. De cette façon, le message qui passera sera : « Je suis là pour toi, je comprends que tu es en colère et je l’accepte ». Quand ils arrivent Terribles deuxrappelons-nous toujours que notre travail consiste à fixer des limites pour la sécurité de nos enfants. Le leur est de les dépasser pour grandir !

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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