How the role of the Father evolved

Comment le rôle du père a évolué

Par Dr. Kyle Muller

L’autoritarisme a perdu de sa légitimité et de son intérêt et aujourd’hui, contrairement au passé, les pères sont présents dans la vie de leurs enfants et recherchent une manière véritablement « paternelle » de les aider à grandir.

Le rôle paternel a évolué au fil du temps : non plus autoritaire, le modèle gagnant est aujourd’hui celui du père évolutif, qui se compare à la mère, accompagne l’enfant dans sa croissance, mais est capable de dire « non ».

Nous vivons un moment historique et social complètement nouveau, plein de potentiels intéressants pour la figure du père. Jusqu’au siècle dernier, le père était une figure fondamentalement absente du parcours de croissance de ses enfants et dont le rôle éducatif se jouait essentiellement à travers des ordres et des punitions (qui ne se souvient pas de la phrase maternelle typique qui calmait instantanément les choses : « Si tu n’arrêtes pas, je le dirai à papa ce soir ! »). Les enfants avaient peur de leur père qui, avec ses réprimandes et ses punitions, suscitait un sentiment de culpabilité et, souvent, une distance émotionnelle.

Mais le temps du père-maître est révolu, l’autoritarisme a perdu de sa légitimité et de son intérêt : nous nous sommes demandé comment retrouver des relations sincères et intimes avec nos enfants, dans le but d’élever des enfants plus sereins. Aujourd’hui, il y a des pères, ils sont présents dans la vie de leurs enfants et recherchent une manière véritablement « paternelle » de les aider à grandir.

Pourtant, nous sommes passés d’un extrême à l’autre. Une fois passée l’ère du père, on passe à l’ère du fils, caractérisée par un excès de sollicitude, d’anxiété, de souci de bien-être et, fondamentalement, par un renoncement des parents à leur rôle éducatif, notamment paternel. Les enfants donnent souvent des ordres aux adultes, ils portent la responsabilité de décisions qui ne devraient pas être les leurs (« Où veux-tu aller ce week-end ? » ; « Quel nom veux-tu donner à ton petit frère ? » ; « Préfères-tu manger devant la télé ? »). Nous essayons avec mille explications de justifier les règles et les non, convaincus qu’il est possible de faire comprendre à un enfant de 5 ans, avec des arguments certes rationnels, pourquoi il ne peut pas voir ses désirs satisfaits immédiatement.

Codes éducatifs maternels et paternels fondamentaux

La fonction maternelle, quelle que soit la personne qui la remplit, est essentielle à la vie : les bébés humains ont besoin de beaucoup plus de soins que toute autre espèce. C’est pourquoi, tout au long de la première année, mais aussi pendant une bonne partie de l’enfance, le code maternel joue un rôle prédominant : il nourrit, soigne, garde, protège. Dans cette phase initiale, le père n’a pas de rôle défini, ce qui peut souvent déclencher une crise dans le couple. Cependant, à mesure qu’ils grandissent, le rôle du code maternel doit diminuer et se développe progressivement le code paternel, qui d’une part est l’élément qui sépare la mère de l’enfant, et d’autre part ce qui permet aux enfants de grandir, d’apprendre à être au monde, à affronter les difficultés, à gérer leurs désirs, à faire ressortir leurs propres ressources.
Les codes ne coïncident pas forcément avec le masculin et le féminin biologiques : aujourd’hui le rôle paternel est souvent joué par la femme, et les pères apparaissent comme des « mères ». Cependant, si les femmes ont redéfini leur identité à bien des égards, avec les changements sociaux et culturels du siècle dernier, cela n’a pas été le cas pour les hommes. Par rapport au fait qu’ils soient pères, ils n’ont souvent pas encore identifié une possibilité alternative d’interpréter leur rôle, qui ne fait pas référence au père-maître et n’est pas aplati dans le dévouement et le soin.

Le nouveau temps des pères

Les pères et les mères se sont rendu compte que l’âge de l’enfant n’aide pas réellement les enfants à mieux grandir, mais qu’il engendre au contraire des problèmes, des anxiétés, une grande désorientation et souvent des angoisses et des « maladies éducatives » (comme l’obésité, les troubles de l’attention, les difficultés relationnelles et sociales, l’augmentation de l’énurésie à la pré-adolescence, etc.) qui ne s’étaient jamais produites avec autant de fréquence et à des âges atypiques.

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Un exemple parmi tant d’autres : Carlo, 12 ans. Giorgio, le père, a réussi à s’opposer et à résister à l’anxiété de contrôle d’Anna alors qu’elle harcelait son fils à propos de ses devoirs. « C’est vous qui les avez fait ? Es-tu sûr? Attends, vérifions… eh bien, ce n’est pas toi qui as fait le dessin ! Et maintenant, c’est trop tard ! Cette fois, je le ferai pour vous, mais ne laissez pas cela se reproduire ! Déjà la semaine dernière… ». Des cris, des plaintes, des disputes et les résultats scolaires de Carlo en chute libre. Giorgio a proposé une organisation et a pris en charge la gestion des devoirs de son fils : maintenant Carlo le fait seul, sous la supervision de son père qui fixe avec lui la semaine d’étude et vérifie de temps en temps, laissant Carlo assumer la responsabilité de ses propres oublis et échecs, qui sont de moins en moins nombreux ! La différence entre les rôles paternels et maternels est, en fin de compte, ce qui génère le conflit nécessaire pour que le garçon et la fille grandissent, c’est pourquoi les deux sont nécessaires et fondamentaux dans un parcours éducatif.

Les tâches et le rôle du père développemental

Le nouveau père évolutif est avant tout un compagnon qui aide la mère à se libérer de la tyrannie du maternel comme seul code valable pour élever ses enfants. Elle maintient ouvert le conflit entre les deux dimensions nécessaires à la croissance et, surtout, elle sait protéger mais aussi Désolé. Les pères d’aujourd’hui ont souvent du mal à accepter un rôle de confinement, de barrière, qui provoque évidemment des conflits avec leurs enfants ; ils veulent être amis. Mais si vous ne gardez pas la bonne distance avec vos enfants, qui n’est pas émotionnelle mais éducative, vous ne pourrez pas leur délivrer un héritage, leur donner le précieux secret de la vie, soutenir cet élément conflictuel qui permet aux enfants de tout faire ressortir.
leurs ressources et de réussir. Voici quelques dispositifs opérationnels du père évolutif et du couple éducatif :

  • La cohésion d’abord : papa et maman doivent décider ensemble des règles et des stratégies éducatives, se parler, partager et paraître unis (on parle de tout, sauf de la façon d’éduquer nos enfants !). Les mères doivent aussi y travailler. Aujourd’hui, nous rencontrons souvent des pères incapables d’établir leur propre rôle parce que leur mère ne les laisse pas agir. Utiliser la cohésion, c’est se référer les uns aux autres et jouer à un jeu d’équipe ayant pour objectif l’autonomie des enfants.
  • Ensuite la régulation : il faut un père qui sache communiquer que la règle n’est pas un obstacle, mais la définition de l’espace dans lequel il peut circuler librement. Si la règle est claire, adéquate et contextuelle et, à partir de 11 ans, également négociée, elle sera un outil précieux pour aider les enfants à devenir autonomes et responsables. C’est pourquoi il est important que, surtout pendant la préadolescence et l’adolescence, si jusqu’alors le « front office éducatif » était essentiellement confié à la mère, le père soit de plus en plus légitimé et impliqué. « J’en parlerai à ton père » n’est plus une menace punitive, mais démontre une cohésion et un passage de relais.

C’est le père qui accompagne les découvertes, qui récupère ses enfants lorsqu’ils tombent, qui les remet sur pied. Sa tâche authentique est de se tenir à vos côtés : « Je ne vous empêche pas de faire les choses par vous-même, de vous mettre à l’épreuve, de prendre des risques pour tester votre potentiel, et dans vos tentatives je suis proche de vous, je suis à vos côtés, je vous montre que l’échec est humain et possible, mais qu’il est également possible d’essayer d’y arriver. » Le père évolutif est témoin du courage et du désir de vivre.

Le « non » résistant du père à l’adolescence

Sans le « non » du père, l’adolescent risque de sombrer dans le bourbier du « sans limites ». Il a besoin du retour de l’adulte qui, même s’il lui donne une réponse qui ne lui plaît pas, lui permettra quand même de ralentir la course vers l’univers insidieux du « tout est possible », où « encore un autre objet, encore une autre nouveauté » est nécessaire pour satisfaire le vide inévitable que nous fait vivre en grandissant. Surtout si vous êtes sur le chemin de l’adolescence.

Certaines formes de dépression juvénile, d’insouciance à l’égard de la croissance, peuvent être attribuées à un manque de résistance de la part du père. Maintenir vivants l’intérêt et le désir de grandir nécessite un père, même symbolique, qui permette de dire au revoir à l’enfance. Pour échapper à cette sorte de vortex compulsif, l’adolescent a besoin de la résistance du père, pour voir au-delà, sauter par-dessus la clôture et trouver sa propre voie.

Pour le père, dire « non » signifie « se laisser utiliser » sans craindre de perdre sa position de père idéal, qui ne fait pas d’erreurs et a une solution à tout. Le « non » résistant est une compétence nécessaire pour exercer le rôle de père, une compétence de « service » évolutive, selon l’autre. La tâche paternelle est essentiellement régulatrice. Le « non » de la résistance est l’outil privilégié pour l’exercer.

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Devenir pères

Les analyses réalisées confirment que le lien entre « fonder une famille », « vivre en famille » et travailler n’est pas une prérogative exclusivement féminine. Le père semble également travailler dur pour combiner les activités de soins, mais surtout les activités de jeu et de loisirs de ses enfants, avec celles associées au travail productif. La nature collaborative du père ne semble pas être affectée par le fait d’avoir un enfant unique ou deux enfants. L’implication du père, lorsqu’il existe, se manifeste immédiatement, dès la naissance du premier enfant. Même pour le père, un engagement professionnel intense entrave la conciliation entre travail et soins aux enfants. Cette dernière semble précisément sacrifiée par les pères qui s’investissent plus que les autres dans l’épanouissement professionnel, du moins en termes de temps passé au travail en l’absence de leurs enfants.
Le rôle du père est cependant secondaire par rapport à celui joué par la mère qui, notamment dans les activités de soutien à la vie scolaire, est le maître. Une division sexuelle du travail familial encore déséquilibrée au détriment des femmes se confirme donc, même si cette asymétrie apparaît nuancée.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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