Comme l’écrit Maria Montessori, le silence peut être compris de manière positive comme un état « supérieur » à l’ordre normal des choses.
Le silence est la grande absence de notre société. La communication verbale a désormais pris le pas sur la dimension de l’écoute de soi et des autres, faisant place à d’autres types de langage dont l’être humain est capable.
Pensons au langage du regard, au langage du toucher, au langage de l’odorat. L’homme est un être qui devient et se réalise par rapport à l’autre, où par « autre » nous entendons non seulement l’autre homme, mais aussi l’environnement qui nous entoure. Cette relation n’est pas seulement faite de mots, mais se met également en œuvre à travers les dimensions sensorielles qui constituent la personne. En particulier, l’enfant, dans ses premières années de vie, se construit à travers la dimension motrice et sensorielle.
Un outil de connaissance
Le silence aiguise nos sensibilités. En gardant le silence, non seulement nous pouvons écouter plus attentivement les paroles des autres, et donc les « rencontrer », mais nous sommes également capables de saisir en profondeur la réalité qui nous entoure. Observer en silence les couleurs vives d’une fleur, les formes d’un nuage dans le ciel ou la mer permet de percevoir la richesse des nuances : le rouge particulier de la corolle, l’objet évoqué par la forme du nuage, l’odeur salée dégagée par l’écume blanche des vagues. Le silence favorise l’observation, la perception du monde environnant, la sensibilité aux sons et l’écoute de soi. Il est donc important de permettre à l’enfant d’expérimenter également cette dimension, en préservant toujours une relation d’accueil et de soutien à son égard.
Cependant, encourager le silence ne signifie pas l’imposer, faire taire l’enfant, mais plutôt créer les conditions pour qu’il se manifeste spontanément : offrir à l’enfant un environnement non bruyant, ne pas l’interrompre verbalement lorsqu’il réalise une activité avec intérêt, lui permettre d’observer un insecte qui capte son attention ou un caillou ramassé au sol, sans toujours vouloir être les interprètes de ses pensées avec nos mots. Il est nécessaire de permettre à l’enfant de profiter de ce que le monde lui offre : des sons, des couleurs, des formes, des odeurs, pour qu’il puisse s’écouter, en laissant de l’espace à son histoire intérieure et personnelle.
Apprendre à écouter
Enfin, le silence favorise non seulement une dimension individuelle, mais aussi communautaire : l’enfant qui sait écouter et pratique en répondant à la voix de sa propre intériorité est disponible pour respecter l’appel et le temps des autres enfants.
« Le silence, dans les écoles communes, signifie la « cessation du bruit », l’arrêt d’une réaction, la négation du désordre et du désordre. Tandis que le silence peut être compris de manière positive comme un état « supérieur » à l’ordre normal des choses. Comme une inhibition instantanée qui demande un effort, une tension de la volonté et qui nous détache des bruits de la vie commune, isolant presque l’âme des voix extérieures » (Maria Montessori, La découverte de l’enfant).
