Premières règles : parlons-en !

Premières règles : parlons-en !

Par Dr. Kyle Muller

Les premières règles sont un moment important dans la vie de chaque femme. Il est utile d’en parler à temps pour qu’ils soient vécus avec sérénité.

Même s’il n’est plus aussi tabou qu’il l’était autrefois, le thème des premières règles, ou ménarche, reste un sujet délicat à ne pas sous-estimer, qui peut provoquer inquiétude et embarras chez les jeunes filles, car il marque le point marquant de la transition progressive qui conduit la fille à devenir une femme.

Les premières menstruations apparaissent pendant la puberté, entre les dernières années du primaire et les premières années du lycée : normalement entre 10 et 15 ans, avec une grande variabilité d’une personne à l’autre, en raison de facteurs génétiques, socio-économiques, climatiques et alimentaires.

Premières règles précoces et tardives

Certaines études ont détecté un abaissement de l’âge des premières règles au cours des dernières décennies, même si la définition de la puberté précoce doit être réservée aux cas dans lesquels des caractéristiques sexuelles secondaires apparaissent avant l’âge de huit ans. Ce phénomène peut être déterminé par de nombreux facteurs, parmi lesquels, de plus en plus fréquents ces dernières années, le surpoids. En fait, le tissu adipeux produit une hormone, la leptinequi est l’un des facteurs qui contribuent au déclenchement de la maturation sexuelle. Le problème de l’obésité, qui touche de nombreux enfants, a donc d’autres implications chez les femmes. Il est conseillé de signaler au pédiatre tout symptôme de puberté précoce : la croissance ralentit beaucoup après le début du cycle, et un démarrage précoce peut donc conduire à une taille définitive plus courte que celle qui aurait été programmée génétiquement. Dans certains cas, un traitement pharmacologique est indiqué pour bloquer le développement pubertaire.

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A l’inverse, chez les filles en insuffisance pondérale ou qui pratiquent une activité physique intense, les premières règles peuvent être retardées. Généralement, le retard par rapport à l’âge de la fille n’est pas tant pris en compte que par rapport au développement pubertaire : il est conseillé de faire une visite, et éventuellement des examens, si les règles ne sont pas apparues quatre ans après l’apparition des premiers caractères sexuels secondaires.

Le sujet des menstruations doit être abordé avec l’enfant suffisamment à l’avance, afin d’avoir le temps de la préparer en premier : en effet, ce sont le manque de connaissances, les fantasmes et les préjugés qui créent des problèmes et des peurs à ce sujet. En parler simplement est rassurant : savoir ce qu’est la menstruation, pourquoi elle survient, retrouver le sens de la cyclicité de la nature, permet de l’inscrire dans une logique de bon fonctionnement rassurant et normal de l’organisme. Il est également important de souligner que même « ces jours-là », vous pourrez mener votre vie habituelle : avoir vos règles ne signifie pas être malade.

Devenir des femmes

Bien que le premier cycle menstruel identifie le moment où une petite fille devient une femme, le processus de croissance est beaucoup plus long et complexe : la maturation sexuelle commence avec l’augmentation du volume des seins et l’apparition de poils sous les aisselles et sur le pubis et ne s’achève que quelque temps après les premières règles.

Pour certaines filles, le cycle a immédiatement une périodicité régulière, mais dans de nombreux cas, il reste irrégulier pendant un an ou plus, avec des intervalles variables, parfois entrecoupés de taches (c’est-à-dire de légers écoulements rouge-brun). Ce sont des phénomènes normaux, dus à un système hormonal encore en phase de rodage. Les régimes alimentaires déséquilibrés, fréquents dans cette phase de la vie, augmentent encore les fluctuations hormonales, à tel point qu’aujourd’hui les irrégularités menstruelles sont considérées comme l’un des premiers signes avant-coureurs d’un trouble de l’alimentation. Le stress et les situations familiales/émotionnelles difficiles peuvent également avoir des répercussions sur le cycle menstruel. Si après deux ans vos règles sont toujours très irrégulières, il est conseillé d’en parler à votre gynécologue.

Les signaux du corps

Certaines filles se plaignent de douleurs abdominales ou de sensibilité des seins dans les jours précédant les premières (et pas seulement) règles. D’autres signalent des maux de tête, un sentiment d’épuisement et de mal-être. Généralement, il suffit de s’accorder un peu de repos, mais dans certains cas, il s’agit d’une douleur difficile à supporter, pour laquelle il est nécessaire de prendre des analgésiques.

Il est également normal d’éprouver des émotions mitigées : se sentir plus fragile, perdu, irritable, un peu déprimé, et en même temps excité par le sentiment d’être « différent », de grandir.

La richesse qui est en chaque femme

Dans de nombreuses cultures, la première menstruation d’une fille est célébrée : c’est son entrée dans le monde des femmes, elle confirme que le pouvoir de sa féminité enrichit toute la communauté. La fille reçoit un sens nouveau et enrichissant d’elle-même, de son propre corps, de sa propre centralité sociale : une valeur qui lui permet de compenser la difficulté d’abandonner l’enfance et d’accéder à la dimension adulte.

Dans notre culture ces rituels de passage ont été perdus, et les premières règles, comme de nombreuses fonctions du corps, sont reléguées à un climat de clandestinité, de secret, de honte : les menstruations sont souvent vécues comme une nuisance inutile, quelque chose de sale, dont on se passerait volontiers. Ainsi, on perd une opportunité d’établir une relation apaisée avec son corps, et donc vers une sexualité saine et donc la capacité d’affronter des épreuves plus intenses comme la grossesse, l’accouchement et la maternité.

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Alors, quelques conseils aux mamans de filles prépubères : le moment venu, n’emmenez pas votre fille chez le médecin, elle n’est pas malade, en fait, ses règles sont la preuve qu’elle ne l’est pas ! Emmenez-la plutôt faire la fête, offrez-lui un beau souvenir de cet événement !

Glossaire

Le cycle menstruel elle dure en moyenne 28 jours et c’est l’apparition du flux qui marque le début de chaque cycle menstruel. Chez certaines femmes, elle peut être plus courte (21 jours) ou plus longue (35 jours). Normalement, les règles durent entre 2 et 7 jours, en moyenne 3 à 5 jours.

Aménorrhée : absence totale de règles depuis au moins 3 mois. Dans la vie d’une femme, l’absence de menstruations dans les périodes suivantes est physiologique : enfance, grossesse et allaitement, ménopause.

Aménorrhée primitive ou primaire : lorsqu’il n’y a pas encore eu les premières règles à l’âge de 17 ans.

Aménorrhée secondaire : disparition des règles pendant une durée supérieure à trois mois, après une période de règles plus ou moins régulières.

Polyménorrhée : lorsque les règles surviennent de manière excessivement rapprochées, c’est-à-dire qu’elles surviennent avec un intervalle de temps inférieur à 25 jours (cycles courts, avec des flux rapprochés).

Oligoménorrhée : lorsque les règles surviennent à des intervalles de plus de 36 jours (cycles longs, avec flux espacés).

Métrorragie : perte de sang d’ampleur variable (abondante ou peu abondante) qui survient indépendamment de la période menstruelle.

Ménométrorragie : perte de sang qui débute avec les règles et persiste plusieurs jours même après les règles, généralement abondantes.

Dysménorrhée : règles particulièrement douloureuses.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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