La compétitivité est la base de toute comparaison, la volonté de s’affirmer, un instinct irrépressible, mais qui doit être bien dosé et maîtrisé.
L’envie de s’affirmer, de se dépasser, est-elle vraiment une envie naturelle ? Nous le croyons vraiment. Le désir, ou plutôt le besoin, d’assumer un rôle au sein de la société pousse tous les animaux du troupeau à comparer et à choisir les qualités aptes à assumer un rôle approprié dans la société des égaux. Approprié ne signifie pas nécessairement au-dessus des autres ; en effet on peut dire que dans notre société il n’y a pas de supérieur absolu : il y a une quantité suffisante de rôles pour permettre, peut-être pas à tout le monde, mais en principe oui, une vie qui a un sens.
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Or, la volonté est de s’affirmer et la compétitivité est la base de la comparaison : elle est irrépressible, mais elle doit être connue, maîtrisée, voire sublimée. Même des défaites on apprend, les défaites donnent la mesure de soi-même ; mais la défaite et la victoire ont pour condition préalable nécessaire l’engagement et la confrontation. Le petit apprend à gérer le jeu ; le sport pour les enfants est un jeu ritualisé. Comme toujours, il peut arriver que l’esprit de compétition exacerbe l’engagement du garçon, au point de le pousser à la dépression, à l’isolement, à l’abandon, si l’ambition et son contraire, la frustration, sont trop difficiles à soutenir.
Le sport collectif sauve un peu (mais seulement un peu, il y a toujours besoin de reconnaissance, d’une place sur le terrain, pour ne pas rester trop longtemps sur le banc) de ces perturbations d’équilibre. Les parents doivent accepter mais sans exagérer l’esprit de compétition ; s’ils sont fans, ils doivent le faire avec joie, et ils doivent savoir soutenir et guider l’enfant dans les difficultés qui naissent de l’esprit de compétition, de la réussite et de l’échec, de la même manière qu’ils le font pour les difficultés scolaires. Dans le sport, comme à l’école, comme dans la vie, l’équilibre est essentiel, pour les gagnants comme pour les perdants.

