Rude children?

Des enfants grossiers ?

Par Dr. Kyle Muller

Les enfants imitent nos comportements : pour leur transmettre les normes de la vie sociale il faut d’abord donner le bon exemple au quotidien

Les enfants courent entre les tables et jettent de la nourriture dans les restaurants, crient dans les supermarchés, font du bruit dans les avions, répondent grossièrement aux étrangers. Nous aurons probablement observé de près des scènes similaires. Qu’avons-nous pensé de ces enfants ? Et leurs parents ?

« Comme c’est impoli! » C’est ce qui vient généralement à l’esprit de ceux qui se sentent agacés par de tels comportements. L’adjectif, adressé aux enfants comme un reproche, désigne également les adultes, responsables d’une « mauvaise » éducation. Les réactions peuvent être différentes : il y a ceux qui reniflent, ceux qui se tournent vers les parents, ceux directement vers les enfants, ceux qui attirent l’attention du personnel. L’actualité nous parle des lieux qui interdisent l’entrée aux enfants, du restaurateur qui invente la réduction « enfants bien élevés » et de celui qui menace de faire faire la vaisselle aux indisciplinés. Des choix différents qui suscitent des discussions, créant souvent des factions opposées entre adultes avec et sans enfants, entre parents qui pensent qu’il est juste de donner des règles et des parents qui défendent la liberté absolue des enfants.

La découverte de l’enfant

«Les enfants doivent être vus mais pas entendus» était un vieux dicton qui semble aujourd’hui très irrespectueux envers les plus petits, mais qui reflète les attentes sociales du passé : les enfants devaient faire bonne impression sans interférer avec la vie des adultes. À travers l’éducation familiale et scolaire, se transmettaient les « bonnes manières », un ensemble rigide de préceptes auxquels il fallait se conformer dans les relations sociales, pour sortir rapidement du stade infantile et devenir adulte. Beaucoup de choses ont changé au fil du temps et la pédagogie moderne se caractérise par la « découverte de l’enfant », une profonde refonte tant des objectifs que des méthodes et contenus de l’éducation. L’enfant est reconnu comme sujet actif de la relation éducative et l’enfance devient une période fondamentale de croissance, avec ses caractéristiques spécifiques à connaître et à valoriser. Et les bonnes manières ? Des héritages inutiles du passé ?

Éduquer par l’exemple

Saluer, dire « merci », « s’il vous plaît », « désolé », demander la permission, s’ils sont proposés comme de bonnes habitudes, peuvent aider l’enfant à découvrir et à s’approprier les règles de la vie sociale. Comprendre qu’il existe un « autre », avec des besoins et des désirs différents des nôtres, faire preuve de respect et de gentillesse, apprendre à faire preuve de patience, à attendre son tour sont des comportements intériorisés dans la pratique quotidienne. L’enfant, au début de sa vie physiologiquement « centré » sur lui-même, s’ouvre peu à peu au monde et apprend à vivre avec les autres : avec le fort désir d’imiter tout ce qu’il voit, il suit l’exemple des adultes auxquels il se réfère.

Kyle Muller
À propos de l'auteur
Dr. Kyle Muller
Le Dr Kyle Mueller est analyste de recherche au Harris County Juvenile Probation Department, à Houston, au Texas. Il a obtenu son doctorat en justice pénale à la Texas State University en 2019, sous la direction du Dr Scott Bowman pour sa thèse. Les recherches du Dr Mueller portent sur les politiques de justice pour mineurs et les interventions fondées sur des données probantes visant à réduire la récidive chez les jeunes délinquants. Ses travaux ont contribué à l’élaboration de stratégies fondées sur les données au sein du système de justice pour mineurs, en mettant l’accent sur la réhabilitation et l’engagement communautaire.
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