Pour favoriser le développement de l’autonomie et du sens des responsabilités, il est bon d’impliquer les enfants dès leur plus jeune âge dans les soins du foyer et dans la gestion de la vie domestique.
C’est en famille (pas à l’école, ni à la natation, ni à la danse, ni au football…) qu’on acquiert certaines compétences fondamentales de la vie, comme prendre soin de soi, de ses affaires et de ses espaces, et de ses habitudes alimentaires ; cuisiner, laver, repasser, faire le ménage… Pourtant, parfois, on n’y pense pas ; ou plutôt, nous ne pensons pas toujours à enseigner activement ces compétences à nos enfants.
De nombreux parents sont peu susceptibles de confier les tâches ménagères à leurs enfants, parce qu’ils les considèrent déjà comme trop débordés par le travail scolaire et les activités extrascolaires, ou parce qu’ils pensent qu’il faut beaucoup d’organisation, ou encore parce que leurs enfants n’en veulent pas. Mais les enfants ne veulent pas s’occuper des tâches ménagères parce qu’ils n’ont pas été élevés pour cela.
Ce sont surtout les parents d’adolescents qui se plaignent du manque de participation de leurs enfants à l’entretien de la maison, même lorsqu’il s’agit de leurs propres espaces : ils demandent de la collaboration, et ils ne l’obtiennent pas.
Mais si un enfant s’habitue, dès son plus jeune âge, à contribuer à la gestion de la maison (avec des « petites tâches » comme mettre la table, aider à cuisiner, arroser les plantes, passer l’aspirateur, jeter les poubelles, charger le lave-vaisselle…), en grandissant, il le fera de manière naturelle, au même titre que se brosser les dents ou prendre une douche.
Ce qui ne veut pas dire qu’il accomplira toujours ces tâches de bon gré, qu’il ne reniflera jamais ; cela signifie plutôt que parfois il renifle, mais il fera quand même ce qu’il doit faire, parce que c’est son travail.
Les avantages de la collaboration à domicile
Confier aux enfants certaines responsabilités domestiques est important pour leur avenir : cela les met en mesure de devenir autonomes dans la prise en charge d’eux-mêmes, des autres et de l’espace qui les entoure. Et c’est important pour la vie en communauté : dans les familles où les deux parents travaillent de plus en plus, il est essentiel de collaborer, de s’entraider et de chacun apporter sa contribution au bien-être de tous.
De plus, de nombreuses tâches stimulent de nombreux types d’apprentissage différents. Pensons par exemple à la façon dont la table est mise. Pour bien le faire, il faut une grande concentration : pour combien de personnes faut-il mettre la table ? Utilisera-t-on des fourchettes ou des cuillères ? Faut-il des assiettes creuses ou des assiettes plates ? Pour les enfants facilement distraits, cela peut être un exercice extrêmement utile.
Comment diviser les tâches
Mais comment organiser la répartition des tâches ménagères ? C’est très simple : vous pouvez dresser une petite liste de tâches à accrocher dans un endroit bien visible, et chaque semaine les différentes tâches seront réparties entre les membres de la famille. L’enfant surveillera les tâches qui lui seront assignées, puis devra les réaliser en continu, tout au long de la semaine, sans s’abandonner à la vague d’enthousiasme puis s’interrompre par manque de temps ou d’envie : la cohérence est nécessaire pour faire preuve de responsabilité et d’engagement.
Il peut évidemment y avoir des exceptions (par exemple lorsqu’il y a un ami avec qui faire ses devoirs ou jouer), mais elles doivent rester telles quelles. Le dimanche sera un jour de repos, pour souligner également l’importance de prendre des pauses au travail.
Les tâches changent à mesure que vous grandissez
Les tâches assignées évolueront en fonction de l’âge de l’enfant ou de l’adolescent. Prenons l’exemple de la préparation des repas, une tâche que beaucoup d’enfants apprécient. Le parent confiera à l’enfant de 5 ou 6 ans une petite tâche précise : couper les fruits ou légumes en petits morceaux, laver la salade, garnir les croûtons ; avec la croissance, l’espace d’autonomie augmentera également, jusqu’à atteindre l’adolescent qui cherchera une nouvelle recette et préparera un plat de manière entièrement autonome. Entre les deux, il y a de nombreuses petites étapes intermédiaires à expérimenter.
Une transition fondamentale, transversale à toutes les tâches, est de passer de la dépendance à l’égard de l’adulte, où c’est le parent qui rappelle à l’enfant d’accomplir la tâche qui lui est confiée, à l’autonomie, où c’est l’enfant qui, de plus en plus responsable, se souvient de la tâche à accomplir.
La contribution qu’un enfant, puis un jeune, peut apporter à la famille ne s’arrête pas là : il peut arriver que les parents aient également besoin d’aide à d’autres moments, ou que le jeune propose des travaux plus exigeants, par exemple couper l’herbe dans le jardin, en échange d’un pourboire. Il est bon de soutenir et d’encourager ces initiatives.
Faire des courses loin de chez soi
Dès l’âge de 9-10 ans, il serait donc souhaitable d’ajouter quelques petites courses aux tâches ménagères, du moins pour ceux qui vivent dans un contexte dans lequel ils se sentent assez à l’aise : aller à la papeterie pour acheter des fournitures scolaires, chez le coiffeur, à la bibliothèque pour récupérer et rendre des livres, chez le boulanger pour acheter du pain… Ce sont des tâches simples qui gratifient l’enfant, le font grandir et l’aident à grandir dans divers domaines : apprendre à utiliser l’argent, à se déplacer dans son environnement. quartier, pour interagir avec les autres. Et entre-temps, il gagne en confiance et en confiance en lui.
Les parents hésitent souvent à laisser ces espaces de liberté à leurs enfants parce qu’ils ont peur : ils craignent, par exemple, que quelqu’un s’approche d’eux et leur fasse du mal. Le paradoxe est cependant que les enfants courent parfois plus de risques dans leur chambre, avec leur smartphone, que seuls dans la rue. Mais nous avons encore du mal à en prendre conscience.
Cela commence dès le plus jeune âge
Et avec des enfants plus jeunes, avant 5-6 ans ? Dès 2-3 ans, vous pouvez commencer à éduquer vos enfants à la collaboration domestique, par exemple en réarrangeant les jouets ensemble, mais en prenant soin de leur assigner des tâches bien précises (« Maintenant, remettons les constructions dans leur boîte »), car face à une pièce pleine d’objets éparpillés l’enfant se sentira désorienté et ne saura pas par où commencer.
De plus, nous veillons à offrir aux enfants la possibilité de nous imiter pendant que nous nettoyons, époussetons et cuisinons : par exemple, nous pourrions leur laisser une partie de la pâte que nous travaillons pour qu’ils puissent préparer avec nous des pizzas et des biscuits.
Pour faire avancer cette autonomisation progressive des enfants, un peu d’engagement et de confiance suffiront, pour maîtriser les angoisses et les peurs. Au final, ce sera un bénéfice pour toute la famille : pour les parents, car ils seront aidés dans les tâches ménagères ; pour les enfants, car ils grandiront en maturité et en autonomie.
